ABIDJAN - Le Bureau de l`agence Xinhua
en Côte d`Ivoire a organisé mercredi à Abidjan un atelier sur le
photojournalisme au profit des acteurs des médias ivoiriens.
Une trentaine de journalistes et de reporters-photographes issus de
plusieurs organes de presse ont pris part à cette rencontre supervisée
par le reporter-photographe de Xinhua à Abidjan, Zhao Yingquan.
Pour M. Zhao, l`atelier qui s`est voulu une tribune d`échanges sur le
photojournalisme répondait à l`objectif de renfoncer les capacités des
acteurs du domaine afin de les amener à produire des photos de qualité,
de savoir choisir un thème et d`avoir un réflexe professionnel en
situation de reportage photo.
Les images d`illustration projetées lors de la séance ont porté sur les
photos relatives à la vie quotidienne, aux mœurs et coutumes, à la
nature, aux événements divers et plusieurs autres photographies
expressives.
Des participants interrogés se sont réjouis du partage d`expériences
fait par Xinhua avec les journalistes ivoiriens à travers la séance de
formation.
L`atelier sur le photojournalisme a fait suite à un autre événement
important organisé par Xinhua mardi, à savoir l`ouverture officielle de
la galerie photos de cette agence de presse mondiale qui lève le voile
sur la vie des Africains en Chine.
Plusieurs personnalités dont le ministre ivoirien de la Communication et
l`ambassadeur de Chine en Côte d`Ivoire étaient présentes à ce
sympathique rendez-vous d`échanges culturels.
jeudi 24 mai 2012
Des citoyens français exigent la libération de Michel Gbagbo
L`information émane de l`ancien Conseiller en Communication de l`ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo. Selon Alain Toussaint, plusieurs personnalités françaises (élus, anciens élus, hommes de lettres, etc) viennent de mettre sur pied un « Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens ». Dans une déclaration faite à Paris et datée du 21 mai 2012, qui constitue son acte fondateur, la première action de ce comité est d`exiger la libération sans conditions de Michel Gbagbo, fils aîné de l`ancien chef de l’État ivoirien, incarcéré depuis treize (13) mois sans jugement en Côte d`Ivoire. Arrêté à la résidence présidentielle ivoirienne, le 11 avril 2011 à la suite des bombardements franco-onusiens en même temps que son père Laurent Gbagbo, l`ex-Première Dame Simone Ehivet Gbagbo, d`autres membres de sa famille ainsi que plusieurs ministres, collaborateurs et proches de l`ex-président ivoirien, Michel Gbagbo a subi des maltraitances lors de son transit par l`hôtel du Golf. Avant d`être transféré au nord de la Côte d`Ivoire, précisément dans la ville de Bouna où il est en détention. Ledit comité motive son action par le fait que non seulement Michel Gbagbo est citoyen français (de par sa mère), mais surtout il a des ennuis de santé récurrents depuis plusieurs mois. « Depuis le mois de mars 2012, Michel Gbagbo a été placé en isolement dans une clinique d`Abidjan (Ndlr : la Polyclinique Sainte-Anne Marie de Cocody - PISAM), son état de santé fortement dégradé à cause des conditions de son incarcération à Bouna, qui ont été dénoncées par les observateurs de l’ONU depuis 2011 », relèvent les Français membres du comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens. Aussi, insistent-ils, « les organisations des droits de l`homme et de défense des prisonniers d`opinion devraient faire du cas de Michel Gbagbo, une des priorités de leurs campagnes internationales ». Ce comité adresse ses inquiétudes au Gouvernement français quant au sort de Michel Gbagbo, et interpelle les autorités de la France afin d’œuvrer pour sa libération dans les meilleurs délais. « Révoltés par le traitement infligé à un de nos compatriotes, nous demandons la visite immédiate de diplomates français de haut rang sur son lieu de détention pour marquer la solidarité de ses compatriotes et signifier la désapprobation de sa situation au pouvoir d`Abidjan, sa libération la plus rapide possible, et son transfert médicalisé en France où l`attend sa famille », exigent ces citoyens français. Selon ce groupe de pression, « cette libération à titre sanitaire et humanitaire sera appréciée par tous les citoyens français et démocrates du monde comme un acte de justice, marquant une volonté de réconciliation du pouvoir ivoirien ». Par ailleurs, ce comité va plus loin en réclamant, également, la fin de la détention de tous les prisonniers politiques et le retour des exilés dans leur pays, la Côte d`Ivoire.
ANASSE ANASSE

L`information émane de l`ancien Conseiller en Communication de l`ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo. Selon Alain Toussaint, plusieurs personnalités françaises (élus, anciens élus, hommes de lettres, etc) viennent de mettre sur pied un « Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens ». Dans une déclaration faite à Paris et datée du 21 mai 2012, qui constitue son acte fondateur, la première action de ce comité est d`exiger la libération sans conditions de Michel Gbagbo, fils aîné de l`ancien chef de l’État ivoirien, incarcéré depuis treize (13) mois sans jugement en Côte d`Ivoire. Arrêté à la résidence présidentielle ivoirienne, le 11 avril 2011 à la suite des bombardements franco-onusiens en même temps que son père Laurent Gbagbo, l`ex-Première Dame Simone Ehivet Gbagbo, d`autres membres de sa famille ainsi que plusieurs ministres, collaborateurs et proches de l`ex-président ivoirien, Michel Gbagbo a subi des maltraitances lors de son transit par l`hôtel du Golf. Avant d`être transféré au nord de la Côte d`Ivoire, précisément dans la ville de Bouna où il est en détention. Ledit comité motive son action par le fait que non seulement Michel Gbagbo est citoyen français (de par sa mère), mais surtout il a des ennuis de santé récurrents depuis plusieurs mois. « Depuis le mois de mars 2012, Michel Gbagbo a été placé en isolement dans une clinique d`Abidjan (Ndlr : la Polyclinique Sainte-Anne Marie de Cocody - PISAM), son état de santé fortement dégradé à cause des conditions de son incarcération à Bouna, qui ont été dénoncées par les observateurs de l’ONU depuis 2011 », relèvent les Français membres du comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens. Aussi, insistent-ils, « les organisations des droits de l`homme et de défense des prisonniers d`opinion devraient faire du cas de Michel Gbagbo, une des priorités de leurs campagnes internationales ». Ce comité adresse ses inquiétudes au Gouvernement français quant au sort de Michel Gbagbo, et interpelle les autorités de la France afin d’œuvrer pour sa libération dans les meilleurs délais. « Révoltés par le traitement infligé à un de nos compatriotes, nous demandons la visite immédiate de diplomates français de haut rang sur son lieu de détention pour marquer la solidarité de ses compatriotes et signifier la désapprobation de sa situation au pouvoir d`Abidjan, sa libération la plus rapide possible, et son transfert médicalisé en France où l`attend sa famille », exigent ces citoyens français. Selon ce groupe de pression, « cette libération à titre sanitaire et humanitaire sera appréciée par tous les citoyens français et démocrates du monde comme un acte de justice, marquant une volonté de réconciliation du pouvoir ivoirien ». Par ailleurs, ce comité va plus loin en réclamant, également, la fin de la détention de tous les prisonniers politiques et le retour des exilés dans leur pays, la Côte d`Ivoire.
ANASSE ANASSE
Drogba désigne son successeur à Chelsea
Didier Drogba a confirmé qu`il ne serait
plus un joueur de Chelsea, la saison prochaine. La victoire en Ligue des
champions a été décisive dans la décision du buteur ivoirien. C`est
désormais Shangai qui semble lui tendre les bras et il voit Fernando
Torres comme son digne héritier à la pointe de l`attaque des Blues.
Maintenant, Chelsea va se retrouver sans son buteur vedette mais avec un
Fernando Torres adoubé par Drogba qui rappelle aux supporteurs qu`il a
lui aussi connu des moments difficiles à son arrivée: « Tout le monde
sait que Fernando est un très bon joueur. Il a eu des moments durs mais
cela arrive à tout le monde. Moi aussi, ma première saison a été très
difficile. Mais le club est entre de bonnes mains avec Fernando. Il
s`améliorera l`an prochain. Bien entendu nous avons besoin de nouveaux
attaquants, mais Torres fera l`affaire. Il n`y a pas de doute la dessus
», a-t-il confié au Guardian. Profession de foi de Didier Drogba qui
pense désormais à sa prochaine destination et à de nouveaux challenges.
L`ancien joueur du Mans dont le contrat s`achève en juin prochain avec
le club londonien, a indiqué qu`il s`agit d`une décision mûrement
réfléchie mais qui a trouvé son point d`accord récemment: « Je serais
resté si nous n`avions pas gagné la Ligue des Champions ». Pour lui, ce
titre est symbolique à plus d`un titre. « C`était mon objectif, ce que
je souhaitais par dessus tout réaliser. Cela aurait été très difficile
de partir si nous n`avions pas gagné la Ligue des Champions car cela
fait 8 ans que nous courrons après. Depuis que je suis arrivé ici, nous
avons toujours été proche de la remporter », explique-t-il. Un défi
personnel certes mais, également collectif qu`il vient de relever face
au Bayern Munich, après la défaite aux tirs au but en 2008 face à
Manchester United en finale à Moscou. « Nous avons vu la Coupe à
Moscou, nous avons marché à côté, sans pouvoir la toucher. Nous voulions
absolument revivre ça et repartir avec le trophée. C`était important
non seulement en tant que joueur, mais aussi en tant qu`homme », précise
encore l`ancien joueur de Marseille. La page londonienne se tourne pour
Didier Drogba, qui devrait vraisemblablement rejoindre Shangai Shenshua
et son copain Nicolas Anelka. On apprend néanmoins que Chelsea a tenté
de conserver son héros: « Le club a vraiment essayé de me garder mais
j`avais besoin d`un nouveau challenge. ça a été huit années fantastiques
». Porter le maillot bleu de Chelsea a été un plaisir et un honneur
pour Drogba, qui vient de finir en beauté avec une victoire en Ligue des
Champions. A.C.
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lundi 19 mars 2012
Man / Recouvrement fiscal : 333 millions Fcfa d’impôts récoltés
Le Directeur régional (DR) des impôts de la région du Tonkpi a dressé, jeudi, le bilan du recouvrement fiscal depuis la reprise des activités dans cette zone. Selon Fousseny Django, ses services ont récolté 333 millions de Fcfa et il reste à recouvrer 546 millions de Fcfa. Mais seulement 428 déclarations foncières sur plus de 1.000 ont été enregistrées, a-t-il regretté. Au cours de la rentrée fiscale, le DR et son équipe ont sensibilisé les contribuables sur leurs obligations fiscales et présenté les avantages fiscaux consentis par l’Etat depuis 2009 dans les zones ex -Cno. « Cette activité nous permet de recréer dans toutes les zones les habitudes de paiement des impôts. L’impôt synthétique est payé par les opérateurs économiques dont le chiffre d’affaires va de 5 à 50 millions de Fcfa», a indiqué Fousseny Django. Sont soumises à la Tva les ventes de bien et les prestations de service effectuées à titre onéreux par un opérateur assujetti à l’exception de certains produits d’origine naturelle (viande et poisons frais ou congelé œufs), des livres et journaux, des médicaments, a ajouté le collaborateur de Pascal Abinan, le patron des Impôts. Tout opérateur assujetti à cette taxe est tenu de remettre avant le 15 du mois une déclaration indiquant le montant de ses opérations, le détail des déductions et le montant à payer au titre du mois précédent. Tout redevable qui ne s’exécute dans les délais légaux est taxé d’office avec des pénalités, a prévenu Fousseny Django. Le secrétaire général de préfecture a demandé aux opérateurs économiques de cultiver le civisme fiscal.
\Doua Ange Kady
\Doua Ange Kady
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Une révolte populaire n’est pas loin
Militant des premières heures du Rdr, parti dirigé par Ouattara, Abou Cissé dénonce la gouvernance de son neveu, Alassane Dramane Ouattara, parvenu au pouvoir, en avril dernier, dans des conditions catastrophiques. Il parle également, dans cette première partie de l’interview, du nouveau gouvernement Ouattara, de Guillaume Soro et de l’ex-rébellion armée.
Notre Voie : Même si le gouvernement est maintenu à 99%, Guillaume Soro Kigbafori a été remplacé par un nouveau Premier ministre, Jeannot Ahoussou Kouadio. Quel regard portez-vous sur tout cela ?
Abou Cissé : Ce nouveau gouvernement sans Soro n’a pas d’âme.
N.V : Pourquoi ?
A.C : Parce que c’est Soro qui est à la tête de la rébellion armée depuis 2002.Une rébellion ayant permis à Alassane Ouattara d’être aujourd’hui au pouvoir. Si Soro doit partir, en principe, Alassane Ouattara devrait le suivre. C’est Soro seul qui a la logistique de cette guerre qu’ils ont livrée à la Côte d’Ivoire. Ce nouveau gouvernement aurait été rassurant s’il s’agissait d’un gouvernement d’union nationale, par exemple. Avec la présence de la société civile mais surtout des grandes forces politiques du pays dont le Fpi. Un gouvernement sans le Fpi alors que le Pdci, le Rdr et la rébellion armée y figurent, c’est comme une entité sans âme. Ce nouveau gouvernement n’a d’autre but que d’instaurer de nouvelles taxes pour appauvrir davantage les populations.
N.V : A quoi faites-vous allusion, quand vous parler de nouvelles taxes ?
A.C : Je fais allusion à tous ces impôts que Ouattara va lever sur le dos des pauvres populations ivoiriennes à travers son nouveau gouvernement. Patientez et vous verrez. Alassane Ouattara a reçu des instructions du Fmi qu’il doit appliquer à la population ivoirienne comme il l’avait fait en 1990. Et ce fut un désastre. Aujourd’hui, ce sera pire pour la pauvre population ivoirienne que nous sommes.
N.V : Pourquoi Ouattara accepterait-il, selon vous, de rééditer les mesures du Fmi qui ont causé un désastre social dans les pays africains ?
A.C : Ce n’est pas seulement en Afrique. Aujourd’hui, la Grèce, l’Italie, etc., qui sont des pays européens subissent aussi le diktat du Fmi. Alassane Ouattara n’est pas là pour le bien-être des Ivoiriens. Il a été installé là pour exécuter des instructions. Comme le précédent gouvernement, ce nouveau gouvernement est une bande de copains qui n’ont d’yeux que pour Alassane. Je pense qu’il est temps d’en finir avec ces petites combinaisons du genre Pdci-Rdr et tuti quanti. Nous devons revenir à la réalité qui est qu’on ne peut avoir un gouvernement fiable tant qu’on n’a pas engagé de discussions avec l’opposition significative incarnée par le Fpi. Tant que le Fpi n’est pas dans la structure de développement du pays, on pourra certes avoir une vie dans le pays mais on ne pourra pas obtenir la vraie vie de paix.
N.V : On sait ce que les gouvernements d’union ont produit comme échec politique dans ce pays. On l’a vu sous le Président Laurent Gbagbo. Cela n’a pas empêché qu’il y ait la rébellion armée et la crise grave. Pensez-vous qu’il s’agit d’une solution à perpétuer ?
A.C : Mais il est important que les forces politiques déterminantes participent, en toute liberté, à la vie de la nation. Contrairement à ceux qui sont au pouvoir actuellement, le Fpi n’est pas un parti de violence ni de coups d’Etat. Ouattara devrait s’en réjouir.
N.V : Est-ce qu’il ne serait pas bien que celui qui a pris le pouvoir, gouverne avec son équipe ?
A.C : C’est ce qu’Alassane Ouattara va faire. Mais pour moi, ce gouvernement et le précédent ne sont pas faits pour le peuple ivoirien, mais pour ses amis et lui. Voyez-vous, depuis l’arrivée d’Alassane au pouvoir, nous constatons que le peuple est totalement indifférent. Tout le monde se plaint de lui. Il est vraiment impopulaire. Le petit peuple qui avait une activité qui lui rapportait 1000 Fcfa par jour a tout perdu avec Alassane Ouattara. Les ménages sont en décrépitude et nous assistons à la dislocation de la cellule familiale. Le chômage a atteint un seuil intolérable, sans oublier les licenciements tous azimuts, le sport favori de Ouattara. Il est revenu avec sa politique désastreuse de 1990. Il y a tout un ensemble de facteurs qui démontrent que certains Ivoiriens s’étaient trompés en plaçant leur espoir en Alassane Ouattara. Ils avaient pensé que c’est lui qui apporterait le bonheur aux commerçants, aux Dioula, qu’il serait le « Messie » de tous les Ivoiriens. A l’usage, on constate que le produit est avarié. Qu’il n’est pas ce que la propagande internationale avait présenté. Et pire encore, les forces nouvelles…
N.V : Justement parlons de l’ex-rébellion armée. Comment voyez-vous la suite des rapports entre Alassane Dramane Ouattara et Guillaume Soro Kigbafori, Secrétaire général des Forces nouvelles ?
A.C : Soro est un mouton de sacrifice. Et le couteau qui va l’égorger a été déjà aiguisé en France. Tout n’est plus qu’une question de temps. C’est dommage pour ces jeunes gens qui se sont sacrifiés pour Alassane Ouattara et qui, à la fin, ne seront récompensés que par la prison, la Cpi.
N.V : Vous pensez que Ouattara peut livrer Soro à la Cpi ?
A.C : Je connais très bien Alassane Ouattara. Il ne songe qu’à lui seul. A court ou long terme, qu’on le veuille ou pas, Soro ira à la Cpi. Que ce soit en tant que témoin ou autre. Alassane n’empêchera pas cela, soyez-en sûr. En tant que Premier ministre et ministre de la défense, Soro avait un moyen de pression. Maintenant que Ouattara et ses soutiens extérieurs l’ont débarqué à dessein, Soro ne sera plus que l’ombre de lui-même. Vulnérable à souhait. Nous entamons maintenant une nouvelle phase de la crise. Ce n’est plus Alassane contre le Fpi. Mais Alassane contre sa propre création qui sont les forces nouvelles (ex-rébellion armée, ndlr). Croyez-vous que ces forces nouvelles vont s’asseoir et regarder Alassane bénéficier du produit de leur combat et les écraser ? Non, pas du tout !
N.V : Mais Ouattara a nommé les chefs de guerre des forces nouvelles à des postes de commandement au sein de l’armée ; les membres de l’aile politique de la rébellion armée ont été nommés soit ministres, soit à de hauts postes dans l’administration. Et Soro a hérité de l’Assemblée nationale. Pourquoi devraient-ils se plaindre ?
A.C : Ces nominations correspondent à l’hameçon d’un pêcheur qui veut appâter sa proie. Quand bien même ils ont fait la guerre, ces jeunes gens ont en eux, une certaine âme, par rapport à Alassane qui n’en a pas du tout. Celui qui a fait la guerre et celui à qui ça a profité n’ont pas la même façon de voir les choses.L’installation d’Alassane Ouattara par la force à la tête de la Côte d’Ivoire ne pourra pas apporter la démocratie dans ce pays.
N.V : Mais la France dit que c’est pour défendre la démocratie et respecter la volonté populaire qu’elle est intervenue par la force en Côte d’Ivoire…
A.C : Quelle volonté populaire ? Ce n’est pas la France qui pense ainsi, c’est Nicolas Sarkozy qui a utilisé la violence pour imposer « son ami » aux Ivoiriens. Je pense que l’impopularité dont jouit Ouattara démontre que Sarkozy a eu tort de faire ça. La démocratie ne s’installe pas au bout du canon. Alassane Ouattara n’a aucun passé de combattant pour la démocratie et les libertés. C’est un commis qui applique des règles édictées. Aujourd’hui, le peuple ivoirien souffre au grand dam d’Alassane. Nos frères et sœurs Dioula sont en train de découvrir le vrai visage d’Alassane Ouattara.
N.V : L’insécurité a atteint un seuil inquiétant dans le pays. Sur la question, Ouattara fait des promesses sans effets probants. Pensez-vous qu’il peut mettre fin à cette escalade ?
A.C : Alassane ne peut pas régler le problème de l’insécurité dans notre pays. Il n’a aucun contrôle sur les ex-rebelles, les dozos, etc. Et puis, ce ne sont pas les ex-Fds qu’il a désarmées qui pourront faire quelque chose. Ouattara se préoccupe uniquement de sa sécurité. Il s’est entouré de soldats burkinabés, de casques bleus de l’Onuci et de soldats français. Il ne fait pas confiance aux Forces nouvelles qu’il soupçonne de vouloir le renverser.
N.V : Vous y croyez ?
A.C : Ce ne sont pas des affabulations. Je connais bien Alassane, ne l’oubliez pas. Et puis, je suis informé. Concernant le problème de l’insécurité, celui qui pouvait le régler, c’est Soro Guillaume puisque ce sont ses éléments qui créent l’insécurité dans les villes, villages et hameaux. Mais il n’a pas voulu le faire parce que l’insécurité les arrange, Alassane et lui, pour se maintenir au pouvoir en terrorisant les populations. Ouattara prétend défendre les Dioulas, mais qu’il sache que les Dioulas ont besoin de paix et d’harmonie dans la société ivoirienne. Or, lui ne peut pas nous les apporter. Il oppose plutôt les Dioulas aux autres Ivoiriens et habitants de la Côte d’Ivoire à travers sa politique d’apartheid qu’il a baptisée « rattrapage ».
N.V : A vous entendre, tout semble perdu pour le pays…
A.C : Voyez-vous-même ! Alassane a déjà tout gâté. Le premier acte qu’il devrait poser, c’était la réconciliation nationale à travers la libération de tous les prisonniers politiques et le pardon. Au lieu de cela, il s’est installé dans une bulle de vengeance, de règlement de compte. De catégorisation des ethnies et de division des Ivoiriens. D’installation des ressortissants du nord à tous les postes de responsabilité dans l’administration, dans l’armée, etc. En faisant cela, Ouattara a clairement démontré qu’il n’a jamais aimé ni le nord, ni les Dioulas. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est désunie plus qu’on peut le penser. La misère, la cherté de la vie, l’insécurité et la politique d’apartheid, de division installée par Alassane feront que le peuple tout entier y compris les Dioulas va se soulever contre lui. Soro et ses hommes qui n’ont pas d’emprise sur le nord mais qui ont des armes se mettront du côté du peuple. Et cela conduira à une autre guerre dans le pays, qu’on le veuille ou non.
N.V : Vous prédisez le chaos alors qu’on s’attend à la paix…
A.C : Il serait souhaitable d’avoir la paix. Mais les conditions de la paix demandent beaucoup de paramètres et de considérations pour les uns et les autres. Le peuple de Côte d’Ivoire n’avait pas besoin qu’on humilie et emprisonne des figures emblématiques et importantes de la vie sociopolitique. Aujourd’hui, il suffit d’une petite brindille pour que tout flambe. La population est aux aguets. Elle est apeurée, inquiète et a perdu tout espoir en l’avenir. L’horizon est sombre et nous indique que si les choses se poursuivent comme ça, une révolte populaire n’est pas loin. On aurait pu éviter une telle situation en optant pour le pardon et la réconciliation.
Interview réalisée par Didier Depry, didierdepri@yahoo.fr
Notre Voie
Notre Voie : Même si le gouvernement est maintenu à 99%, Guillaume Soro Kigbafori a été remplacé par un nouveau Premier ministre, Jeannot Ahoussou Kouadio. Quel regard portez-vous sur tout cela ?
Abou Cissé : Ce nouveau gouvernement sans Soro n’a pas d’âme.
N.V : Pourquoi ?
A.C : Parce que c’est Soro qui est à la tête de la rébellion armée depuis 2002.Une rébellion ayant permis à Alassane Ouattara d’être aujourd’hui au pouvoir. Si Soro doit partir, en principe, Alassane Ouattara devrait le suivre. C’est Soro seul qui a la logistique de cette guerre qu’ils ont livrée à la Côte d’Ivoire. Ce nouveau gouvernement aurait été rassurant s’il s’agissait d’un gouvernement d’union nationale, par exemple. Avec la présence de la société civile mais surtout des grandes forces politiques du pays dont le Fpi. Un gouvernement sans le Fpi alors que le Pdci, le Rdr et la rébellion armée y figurent, c’est comme une entité sans âme. Ce nouveau gouvernement n’a d’autre but que d’instaurer de nouvelles taxes pour appauvrir davantage les populations.
N.V : A quoi faites-vous allusion, quand vous parler de nouvelles taxes ?
A.C : Je fais allusion à tous ces impôts que Ouattara va lever sur le dos des pauvres populations ivoiriennes à travers son nouveau gouvernement. Patientez et vous verrez. Alassane Ouattara a reçu des instructions du Fmi qu’il doit appliquer à la population ivoirienne comme il l’avait fait en 1990. Et ce fut un désastre. Aujourd’hui, ce sera pire pour la pauvre population ivoirienne que nous sommes.
N.V : Pourquoi Ouattara accepterait-il, selon vous, de rééditer les mesures du Fmi qui ont causé un désastre social dans les pays africains ?
A.C : Ce n’est pas seulement en Afrique. Aujourd’hui, la Grèce, l’Italie, etc., qui sont des pays européens subissent aussi le diktat du Fmi. Alassane Ouattara n’est pas là pour le bien-être des Ivoiriens. Il a été installé là pour exécuter des instructions. Comme le précédent gouvernement, ce nouveau gouvernement est une bande de copains qui n’ont d’yeux que pour Alassane. Je pense qu’il est temps d’en finir avec ces petites combinaisons du genre Pdci-Rdr et tuti quanti. Nous devons revenir à la réalité qui est qu’on ne peut avoir un gouvernement fiable tant qu’on n’a pas engagé de discussions avec l’opposition significative incarnée par le Fpi. Tant que le Fpi n’est pas dans la structure de développement du pays, on pourra certes avoir une vie dans le pays mais on ne pourra pas obtenir la vraie vie de paix.
N.V : On sait ce que les gouvernements d’union ont produit comme échec politique dans ce pays. On l’a vu sous le Président Laurent Gbagbo. Cela n’a pas empêché qu’il y ait la rébellion armée et la crise grave. Pensez-vous qu’il s’agit d’une solution à perpétuer ?
A.C : Mais il est important que les forces politiques déterminantes participent, en toute liberté, à la vie de la nation. Contrairement à ceux qui sont au pouvoir actuellement, le Fpi n’est pas un parti de violence ni de coups d’Etat. Ouattara devrait s’en réjouir.
N.V : Est-ce qu’il ne serait pas bien que celui qui a pris le pouvoir, gouverne avec son équipe ?
A.C : C’est ce qu’Alassane Ouattara va faire. Mais pour moi, ce gouvernement et le précédent ne sont pas faits pour le peuple ivoirien, mais pour ses amis et lui. Voyez-vous, depuis l’arrivée d’Alassane au pouvoir, nous constatons que le peuple est totalement indifférent. Tout le monde se plaint de lui. Il est vraiment impopulaire. Le petit peuple qui avait une activité qui lui rapportait 1000 Fcfa par jour a tout perdu avec Alassane Ouattara. Les ménages sont en décrépitude et nous assistons à la dislocation de la cellule familiale. Le chômage a atteint un seuil intolérable, sans oublier les licenciements tous azimuts, le sport favori de Ouattara. Il est revenu avec sa politique désastreuse de 1990. Il y a tout un ensemble de facteurs qui démontrent que certains Ivoiriens s’étaient trompés en plaçant leur espoir en Alassane Ouattara. Ils avaient pensé que c’est lui qui apporterait le bonheur aux commerçants, aux Dioula, qu’il serait le « Messie » de tous les Ivoiriens. A l’usage, on constate que le produit est avarié. Qu’il n’est pas ce que la propagande internationale avait présenté. Et pire encore, les forces nouvelles…
N.V : Justement parlons de l’ex-rébellion armée. Comment voyez-vous la suite des rapports entre Alassane Dramane Ouattara et Guillaume Soro Kigbafori, Secrétaire général des Forces nouvelles ?
A.C : Soro est un mouton de sacrifice. Et le couteau qui va l’égorger a été déjà aiguisé en France. Tout n’est plus qu’une question de temps. C’est dommage pour ces jeunes gens qui se sont sacrifiés pour Alassane Ouattara et qui, à la fin, ne seront récompensés que par la prison, la Cpi.
N.V : Vous pensez que Ouattara peut livrer Soro à la Cpi ?
A.C : Je connais très bien Alassane Ouattara. Il ne songe qu’à lui seul. A court ou long terme, qu’on le veuille ou pas, Soro ira à la Cpi. Que ce soit en tant que témoin ou autre. Alassane n’empêchera pas cela, soyez-en sûr. En tant que Premier ministre et ministre de la défense, Soro avait un moyen de pression. Maintenant que Ouattara et ses soutiens extérieurs l’ont débarqué à dessein, Soro ne sera plus que l’ombre de lui-même. Vulnérable à souhait. Nous entamons maintenant une nouvelle phase de la crise. Ce n’est plus Alassane contre le Fpi. Mais Alassane contre sa propre création qui sont les forces nouvelles (ex-rébellion armée, ndlr). Croyez-vous que ces forces nouvelles vont s’asseoir et regarder Alassane bénéficier du produit de leur combat et les écraser ? Non, pas du tout !
N.V : Mais Ouattara a nommé les chefs de guerre des forces nouvelles à des postes de commandement au sein de l’armée ; les membres de l’aile politique de la rébellion armée ont été nommés soit ministres, soit à de hauts postes dans l’administration. Et Soro a hérité de l’Assemblée nationale. Pourquoi devraient-ils se plaindre ?
A.C : Ces nominations correspondent à l’hameçon d’un pêcheur qui veut appâter sa proie. Quand bien même ils ont fait la guerre, ces jeunes gens ont en eux, une certaine âme, par rapport à Alassane qui n’en a pas du tout. Celui qui a fait la guerre et celui à qui ça a profité n’ont pas la même façon de voir les choses.L’installation d’Alassane Ouattara par la force à la tête de la Côte d’Ivoire ne pourra pas apporter la démocratie dans ce pays.
N.V : Mais la France dit que c’est pour défendre la démocratie et respecter la volonté populaire qu’elle est intervenue par la force en Côte d’Ivoire…
A.C : Quelle volonté populaire ? Ce n’est pas la France qui pense ainsi, c’est Nicolas Sarkozy qui a utilisé la violence pour imposer « son ami » aux Ivoiriens. Je pense que l’impopularité dont jouit Ouattara démontre que Sarkozy a eu tort de faire ça. La démocratie ne s’installe pas au bout du canon. Alassane Ouattara n’a aucun passé de combattant pour la démocratie et les libertés. C’est un commis qui applique des règles édictées. Aujourd’hui, le peuple ivoirien souffre au grand dam d’Alassane. Nos frères et sœurs Dioula sont en train de découvrir le vrai visage d’Alassane Ouattara.
N.V : L’insécurité a atteint un seuil inquiétant dans le pays. Sur la question, Ouattara fait des promesses sans effets probants. Pensez-vous qu’il peut mettre fin à cette escalade ?
A.C : Alassane ne peut pas régler le problème de l’insécurité dans notre pays. Il n’a aucun contrôle sur les ex-rebelles, les dozos, etc. Et puis, ce ne sont pas les ex-Fds qu’il a désarmées qui pourront faire quelque chose. Ouattara se préoccupe uniquement de sa sécurité. Il s’est entouré de soldats burkinabés, de casques bleus de l’Onuci et de soldats français. Il ne fait pas confiance aux Forces nouvelles qu’il soupçonne de vouloir le renverser.
N.V : Vous y croyez ?
A.C : Ce ne sont pas des affabulations. Je connais bien Alassane, ne l’oubliez pas. Et puis, je suis informé. Concernant le problème de l’insécurité, celui qui pouvait le régler, c’est Soro Guillaume puisque ce sont ses éléments qui créent l’insécurité dans les villes, villages et hameaux. Mais il n’a pas voulu le faire parce que l’insécurité les arrange, Alassane et lui, pour se maintenir au pouvoir en terrorisant les populations. Ouattara prétend défendre les Dioulas, mais qu’il sache que les Dioulas ont besoin de paix et d’harmonie dans la société ivoirienne. Or, lui ne peut pas nous les apporter. Il oppose plutôt les Dioulas aux autres Ivoiriens et habitants de la Côte d’Ivoire à travers sa politique d’apartheid qu’il a baptisée « rattrapage ».
N.V : A vous entendre, tout semble perdu pour le pays…
A.C : Voyez-vous-même ! Alassane a déjà tout gâté. Le premier acte qu’il devrait poser, c’était la réconciliation nationale à travers la libération de tous les prisonniers politiques et le pardon. Au lieu de cela, il s’est installé dans une bulle de vengeance, de règlement de compte. De catégorisation des ethnies et de division des Ivoiriens. D’installation des ressortissants du nord à tous les postes de responsabilité dans l’administration, dans l’armée, etc. En faisant cela, Ouattara a clairement démontré qu’il n’a jamais aimé ni le nord, ni les Dioulas. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est désunie plus qu’on peut le penser. La misère, la cherté de la vie, l’insécurité et la politique d’apartheid, de division installée par Alassane feront que le peuple tout entier y compris les Dioulas va se soulever contre lui. Soro et ses hommes qui n’ont pas d’emprise sur le nord mais qui ont des armes se mettront du côté du peuple. Et cela conduira à une autre guerre dans le pays, qu’on le veuille ou non.
N.V : Vous prédisez le chaos alors qu’on s’attend à la paix…
A.C : Il serait souhaitable d’avoir la paix. Mais les conditions de la paix demandent beaucoup de paramètres et de considérations pour les uns et les autres. Le peuple de Côte d’Ivoire n’avait pas besoin qu’on humilie et emprisonne des figures emblématiques et importantes de la vie sociopolitique. Aujourd’hui, il suffit d’une petite brindille pour que tout flambe. La population est aux aguets. Elle est apeurée, inquiète et a perdu tout espoir en l’avenir. L’horizon est sombre et nous indique que si les choses se poursuivent comme ça, une révolte populaire n’est pas loin. On aurait pu éviter une telle situation en optant pour le pardon et la réconciliation.
Interview réalisée par Didier Depry, didierdepri@yahoo.fr
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