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lundi 20 octobre 2008

Réussite sociale : Le parcours exemplaire d’une femme partie de rien


En l’espace de quelques années, Koffi Ahou Madeleine est devenue incontournable dans le milieu de la restauration africaine à Yamoussoukro.
Il est à peine 6 h du matin, le 106, maquis en bordure du lac n°8 au quartier Assabou, grouille de monde. Dehors, de nombreux véhicules sont immobilisés. On y distingue des pick-up, des cargos militaires, des motos et autres. Leurs occupants font partie de la délégation présidentielle qui séjourne en ce moment à Yamoussoukro. Ils sont venus là, à pareille heure, prendre le petit déjeuner, car ils doivent reprendre très tôt le service. A l’intérieur, sur leurs tables, de copieux plats ivoiriens, foutou, riz accompagné de viande de brousse. A côté, des bouteilles de vin et de bière pour accompagner les plats. L’ambiance est conviviale. Serveuses et serveurs vont et reviennent. Dans la cuisine, 8 grosses marmites (n°30) sont au feu. Une dizaine de jeunes filles sont à la tâche. Certaines pilent du foutou, tandis que d’autres s’activent à assaisonner la sauce.
Pendant ce temps, une dame de 52 ans, superbement habillée d’un pagne wax bien confectionné, débarrasse une table ; pour faire de la place à d’autres clients qui viennent d’arriver. Elle s’approche d’une autre table pour savoir si les occupants sont bien servis ou s’ils sont satisfaits. Elle intervient rapidement là où il y a une petite faille. Elle, c’est Mado. A l’état civil, Koffi Ahou Madeleine, propriétaire du maquis. Où dès 6 h, voire 5 h, du matin, les visiteurs qui, séjournent dans la cité des lacs peuvent s’offrir un bon repas, outre le café. Ce qui attire d’ailleurs du monde. Il y a aussi la qualité de la cuisine, comme l’a noté M. Jean Baptiste Kouassi, rencontré dans le restaurant. Selon la tenancière ce sont environ, 200 à 300 personnes qui sont quotidiennement reçues là.
A en croire un cadre avec qui nous avons échangé, Mado rend un très grand service à Yamoussoukro. Grâce à elle, fait-il remarquer, la majorité des visiteurs n’ont pas de souci pour leur nourriture. Surtout que l’on y est servi à moindre coût. Ce qui fait qu’ils n’hésitent pas à y revenir.
Et pourtant, celle-ci est partie de rien. Elle n’a bénéficié ni d’un prêt bancaire, ni d’une aide quelconque. Mais c’est plutôt par le travail et la persévérance, qu’elle a atteint ce stade.
Veuve depuis 2002 et mère de 3 enfants, c’est en 1988 que Mado s’est lancée dans la restauration. Venue d’Attiégouakro, chef-lieu de sous-préfecture situé à une vingtaine de kilomètres à l’est de Yamoussoukro, celle-ci s’est installée dans une habitation qu’elle occupe encore aujourd’hui. A l’aide de 2 petites marmites (n°2) qu’elle nous a montrées, et avec des produits comme l’igname et les condiments, issus de son champ, elle commence la restauration dans une baraque de fortune dressée devant sa porte. Le début n’a pas du tout été facile. Car sur 10 plats qu’elle préparait, elle en vendait à peine 2. Bien que le plat coutât 200 F.
«J’ai failli abandonner. Ce sont des handicapés physiques à qui je donnais les plats invendus qui m’ont encouragée. Ils se sont engagés à m’aider en prestant dans ma baraque avec leur groupe musical. Leur danse singulière attirait les curieux. Qui, pour passer le temps, achetaient des plats ou de la boisson. Face à la forte demande de boisson, j’ai passé une commande d’un casier de bière et autant e vin que m’a livrés à crédit un fournisseur. Je glaçais cette boisson dans des seaux. Petit à petit, j’ai commencé à avoir de la clientèle et par ma gestion, j’ai réussi à m’en sortir. Aujourd’hui, je prépare 200 à 300 plats, selon l’affluence. Je commande un stock de 150 casiers de boisson. emploie 16 personnes dont 4 garçons. Leur rémunération varie entre 10 et 25.000 F selon les tâches. Alors qu’au départ, il était difficile pour moi de faire une recette de 1000 F. Je ne gagne rien, mais je ne me plains pas aussi. Quand bien même je n’ai jamais été à l’école.» à-t-elle révélé.
A la vérité, son succès, elle le doit à son abnégation au travail et à la persévérance. En effet, Mado se réveille à 2 ou 3 h du matin. Pour être au rendez-vous des consommateurs dès 5 heures. Elle n’arrête le service que vers 20h ou 21 h. Après le service du matin au restaurant, elle passe l’après-midi dans ses champs d’où proviennent ses provisions, tubercules et condiments, notamment elle dispose de plusieurs hectares de manioc et d’igname. En dehors de la viande qu’elle achète sur le marché, elle s’approvisionne en poisson au bord du fleuve Bandama, dans la région de Tiébissou, où elle travaille avec un groupe de pêcheurs. Il lui arrive de passer parfois 3 jours dans cette localité avant d’obtenir sa provision.
Par son activité, elle s’est bâtie une maison de 6 pièces dans son village. Elle pense déjà à la relève, en initiant sa fille qui ne va plus à l’école à la cuisine. Aux jeunes filles et à toutes les femmes, elle donne ce conseil : «Je n’ai pas eu des millions avant de commencer mon commerce. C’est d’abord à la sueur de mon front. Ce n’est pas le fétiche ou la débauche qui enrichit. Tout s’apprend. Et il faut aimer ce qu’on veut faire pour y mettre du sérieux. Seul le travail et le courage paient».
Le rêve de Mado est d’ouvrir un dépôt de boisson et construire un hôtel. Son handicap, c’est que le local qu’elle occupe n’est pas le sien. Ce qui l’expose à certaines difficultés. C’est à ce niveau qu’elle attend le concours des autorités locales, pour l’acquisition d’un terrain. En vue d’y délocaliser son restaurant..
Koffi Kouamé
Entre nous : Leçon de courage
L’abnégation a toujours payé ceux qui en ont fait un trait de caractère dans leur vie. Singulièrement, quand il s’agit de se forger un destin professionnel. Pour une femme, le fait revêt tout son attrait, surtout quand celle-ci ne dispose au départ pour seul capital que de l’unique volonté de réussir. Or, il est désormais établi, que la détermination ne peut à elle seule aujourd’hui, garantir un quelconque succès social. Il faut pouvoir transcender plus d’un obstacle. Se remettre sans cesse à l’ouvrage après plus d’un échec. Telle une philosophie de vie, dame Koffi Ahou Madeleine dite Mado s’est imprégnée quotidiennement de ces vérités premières, pour se faire une place dans la société. Mieux, dans cette myriade de maquis et autres restaurants dont regorge la capitale politique, elle a su conférer cette originalité à son entreprise que toute sa clientèle salue. Il s’agit de sa capacité à pouvoir servir à manger différents repas dès que le jour point à l’horizon. C’est assurément là, un fait qu’on ne rencontre pas chez la plupart des tenancières de maquis de Yamoussoukro. Le réussir chaque jour qui passe, et glaner en retour les félicitations ici et là, est tout simplement une performance à souligner. Pour tout dire, Mado est une référence sûre de la femme qui a su se faire et dont la jeune génération, portée sur les facilités pécuniaire gagnerait plutôt à imiter.
par Moussa Touré

Réchauffement planétaire : L’Afrique, grande oubliée des fonds

Il est généralement admis que l’Afrique, qui de toutes les régions est celle qui produit le moins de “gaz à effet de serre” à l’origine du réchauffement planétaire, aura besoin d’une importante aide financière pour remédier aux effets de ce phénomène. Mais il n’est pas aussi sûr que cette aide soit accordée. L’Afrique peine déjà à mobiliser suffisamment de fonds nécessaires pour lutter contre la pauvreté et n’a pas réussi à obtenir les investissements nécessaires aux projets de protection de l’environnement sur le continent. Bien que les dirigeants des pays du monde entier aient promis de contribuer davantage au développement, le montant de l’aide accordée a en fait baissé de plus de 5 % l’an dernier.Pauvreté et protection de l’environnement sont étroitement liés, comme le rappelle le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Il est indiqué dans le plan d’action pour l’environnement du NEPAD que “les taux de pauvreté croissants et l’accélération de la dégradation de l’environnement sont deux maux interdépendants dont souffre l’Afrique… La pauvreté demeure à la fois la première cause et conséquence de la détérioration de l’environnement et de l’épuisement des ressources en Afrique. Sans une amélioration sensible des conditions de vie et des moyens d’existence des populations du continent, les politiques et programmes en faveur de l’environnement auront peu de chances d’aboutir.”Protéger les forêtsLes scientifiques africains estiment que le continent contribue déjà activement à la lutte contre le réchauffement planétaire, notamment grâce à ses forêts, qui absorbent et retiennent le gaz carbonique, principal facteur de réchauffement. L’Afrique compte 17 % des forêts de la planète et près du quart des forêts tropicales, qui contribuent à purifier l’air des émissions polluantes produites à des milliers de kilomètres.Mais les forêts d’Afrique disparaissent actuellement au rythme de plus de 5 millions d’hectares par an, victimes d’une exploitation commerciale excessive et non viable, et des méthodes de défrichage par brûlis. Des études indiquent que 66 millions d’hectares de forêts ont été détruits entre 1980 et 1995, et que le rythme de déforestation s’intensifie, malgré des initiatives comme le mouvement Green Belt au Kenya, une campagne menée par des femmes à l’échelle locale qui a permis de planter quelque 10 millions d’arbres depuis 1977.Le NEPAD préconise d’appliquer des lois qui rendent l’exploitation forestière viable et d’améliorer les rendements agricoles pour ralentir le défrichage à des fins agricoles. Mais le bois constitue un produit d’exportation important pour certains pays et la réduction de ces exportations se solderait par un manque à gagner difficile, voire impossible à combler. Des pays d’Afrique et d’autres régions du monde ont demandé aux pays industrialisés de reconnaître l’importance des forêts pour l’environnement et de rémunérer les pays en développement en échange de leur préservation. À ce jour, seuls quelques programmes pilotes ont été menés à petite échelle et l’action de l’Afrique contre le changement climatique se heurte au manque de moyens financiers.L’économie environnementale: des marchés plus vertsMême si elle est plus urgente en Afrique, la question de concilier d’urgents impératifs environnementaux et de dures réalités économiques se pose partout. Même dans les pays riches, les dépenses qu’entraîne la réduction des émissions de gaz à effet de serre ont freiné bon nombre d’initiatives. Lorsque les scientifiques expliquent qu’il serait moins coûteux d’éliminer dès à présent les émissions pour prévenir les conséquences les plus graves des changements climatiques, certains gouvernements répliquent qu’il faut procéder à des réductions plus progressives et plus modestes, étant donné le coût de ces mesures pour les entreprises et les consommateurs et les préjudices possibles pour l’économie mondiale.Dans une étude importante réalisée en 2006 sur les aspects économiques des changements climatiques au Royaume-Uni, Sir Nicholas Stern, ancien économiste en chef à la Banque mondiale, explique que la nature même des marchés libéralisés les empêche d’être naturellement plus verts. Et de fournir l’exemple suivant: les bénéfices provenant de la production d’une tonne d’acier sont partagés par une poignée d’individus – les propriétaires de l’aciérie, les ouvriers et les actionnaires – alors que, calculé en termes d’émission de gaz à effet de serre et de dommages infligés à l’environnement, le coût de cette tonne d’acier se répartit entre des milliards de personnes dans le monde sur de nombreuses générations, sous forme de problèmes de santé, de pollution de l’air et de violents changements climatiques. Les propriétaires de l’aciérie n’ont donc guère de raisons d’augmenter leurs coûts de production de façon à réduire la pollution. “Les changements climatiques représentent la faillite la plus grave des marchés que le monde ait jamais connu”, note Sir Stern.Toute réforme économique devra donc sanctionner plus sévèrement les pollueurs si l’on veut enrayer la progression du réchauffement planétaire. Certains ont proposé l’imposition d’une taxe sur les émissions de gaz à effet de serre mais cet “impôt sur le gaz carbonique” se heurte toutefois à une vive opposition dans de nombreux pays et n’a été adopté que par une poignée de pays. Une autre méthode de quantification de la pollution – le mécanisme d’échange des droits d’émission – a connu plus de succès depuis l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto en 1997. Ce Protocole exige des pays industriels signataires (dont seuls les Etats-Unis et l’Australie ne font pas partie) qu’ils réduisent leur production de gaz à effet de serre d’environ 5 % par rapport aux niveaux des années 1990. Le Protocole a également établi le Mécanisme pour le développement propre de la Conférence-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui autorise les industries les plus polluantes à acheter des droits de pollution de pays peu polluants en échange d’investissements dans les projets écologiques de ces derniers – afin de réduire ainsi le montant des émissions à l’échelle mondiale.Les transactions de gaz carbonique s’élèvent aujourd’hui à 22 milliards de dollars. L’Afrique espérait bénéficier du faible montant de ses émissions pour attirer les capitaux du Mécanisme pour le développement propre. Ce sera peut-être le cas, mais au milieu de l’année 2007, elle n’avait bénéficié que de moins de 2 % des projets financés par le Mécanisme dans le monde. Ce manque d’intérêt s’explique, d’après les experts, par les conditions généralement peu propices aux investissements qui règnent en Afrique, notamment la pénurie d’organismes financiers et commerciaux performants et l’insuffisance des moyens administratifs et de gestion du continent. Mais puisque l’accord de Kyoto arrive à échéance en 2012 et qu’il est maintenant prouvé que le réchauffement planétaire est plus rapide que prévu, il n’est pas impossible que le développement vert de l’Afrique profite des réformes économiques nécessaires pour lutter contre le réchauffement planétaire. “On ne dispose que de peu de temps pour enrayer la croissance des émissions de gaz à effet de serre, a déclaré à la presse en mai à Bangkok Rajendra Pachauri, qui préside l’influent Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat établi par les Nations Unies. On ne peut pas se permettre d’attendre.”ONU Afrique RenouveauAvis de tempêteLes répercussions des changements climatiques sur la population suscitent de plus en plus d’inquiétudes dans le monde entier, alors que des milliards de tonnes de déchets industriels polluent l’atmosphère chaque année, retenant une trop grande quantité de chaleur solaire et entraînant de dangereux bouleversements du climat et des phénomènes météorologiques de par le monde.L’Afrique subsaharienne produit moins de 4 % de ces émissions – les gaz à effet de serre – soit bien moins que l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Asie et d’autres régions industrialisées. Mais le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, groupe de chercheurs établi par l’ONU, a établi que l’Afrique subit déjà les effets des changements climatiques et en pâtira davantage dans les années à venir. Le Sahel et d’autres régions semi-arides risquent de souffrir d’une aggravation de la sécheresse. Un tiers de la population du continent vit déjà dans des zones de sécheresse, et 75 à 250 millions de personnes supplémentaires pourraient être menacées par les changements climatiques. Les régions sujettes à inondations de l’Afrique australe pourraient devenir plus humides encore du fait de l’évolution des conditions climatiques, les inondations étant plus fréquentes et les opérations de secours accaparant des ressources aujourd’hui consacrées au développement.L’agriculture du continent, qui souffre déjà de sa dépendance vis-à-vis de l’irrigation pluviale et de la mauvaise qualité des sols, risque d’être durement touchée à mesure que la sécheresse et les inondations s’étendront et que les saisons de végétation changeront. Un tel scénario constituerait une catastrophe humanitaire et économique sur un continent où les activités agricoles représentent 70 % des emplois et sont souvent le moteur des économies nationales, sources de recettes d’exportation et de denrées alimentaires à bas prix. Des études prévoient que d’ici 2020, les cultivateurs de certains pays ne récolteront que 50 % de leur production actuelle.“Déplacés climatiques”L’ONU estime que, du fait de la détérioration des conditions de vie, quelque 50 millions de personnes “déplacées climatiques” de par le monde pourraient se joindre aux flux de migrants qui traversent les frontières et les océans à la recherche de nouveaux moyens d’existence. Bon nombre d’entre eux s’installeront dans des villes surpeuplées qui ont déjà du mal à offrir des emplois, des logements et des services de base. Ce phénomène accroîtra également le risque de maladies comme le paludisme. Certaines régions non contaminées pourraient le devenir à mesure que les changements climatiques permettront aux moustiques porteurs de la maladie de se développer. L’Organisation mondiale de la santé prévoit que jusqu’à 80 millions de personnes supplémentaires pourraient ainsi contracter cette maladie de par le monde. AdaptationConscients de la vulnérabilité du continent, les dirigeants africains soutiennent depuis longtemps la lutte de la communauté internationale contre le réchauffement planétaire. Mais la réduction des émissions n’a jamais constitué la priorité absolue d’un continent dont les rares industries ne produisent que de faibles quantités de gaz à effet de serre. Les gouvernements du continent et leurs partenaires de la société civile et du développement s’efforcent plutôt de se préparer aux bouleversements climatiques à venir et d’aider les communautés vulnérables à s’y adapter. Le programme de développement de l’Afrique comporte des projets visant à renforcer les moyens de lutte des communautés contre les changements climatiques. (...)La principale difficulté est d’ordre financier, explique l’expert sierra-léonais de la météorologie Ogunlade Davidson. “Les changements climatiques auront des incidences considérables pour l’agriculture africaine, la contraignant à revoir ses pratiques. Mais sans un financement suffisant, elle n’en sera pas capable”, dit-il. (...)“Comme l’Afrique n’a jamais profité des avantages financiers qui ont causé au départ la production de gaz à effet de serre, elle n’a jamais accumulé les richesses nécessaires pour lutter contre les bouleversements climatiques.” De ce fait, l’Afrique se heurte aujourd’hui aux conséquences d’une situation dont elle n’est pas responsable, nécessitant des moyens qu’elle n’a pas. “C’est un double handicap.” L’Afrique reçoit néanmoins de l’aide de la part de deux fonds administrés par le Fonds mondial pour l’environnement, organisme de financement établi en 1991 pour participer aux projets de préservation de l’environnement des pays en développement.

Réchauffement planétaire : L’Afrique, grande oubliée des fonds


Il est généralement admis que l’Afrique, qui de toutes les régions est celle qui produit le moins de “gaz à effet de serre” à l’origine du réchauffement planétaire, aura besoin d’une importante aide financière pour remédier aux effets de ce phénomène. Mais il n’est pas aussi sûr que cette aide soit accordée. L’Afrique peine déjà à mobiliser suffisamment de fonds nécessaires pour lutter contre la pauvreté et n’a pas réussi à obtenir les investissements nécessaires aux projets de protection de l’environnement sur le continent. Bien que les dirigeants des pays du monde entier aient promis de contribuer davantage au développement, le montant de l’aide accordée a en fait baissé de plus de 5 % l’an dernier.Pauvreté et protection de l’environnement sont étroitement liés, comme le rappelle le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Il est indiqué dans le plan d’action pour l’environnement du NEPAD que “les taux de pauvreté croissants et l’accélération de la dégradation de l’environnement sont deux maux interdépendants dont souffre l’Afrique… La pauvreté demeure à la fois la première cause et conséquence de la détérioration de l’environnement et de l’épuisement des ressources en Afrique. Sans une amélioration sensible des conditions de vie et des moyens d’existence des populations du continent, les politiques et programmes en faveur de l’environnement auront peu de chances d’aboutir.”Protéger les forêtsLes scientifiques africains estiment que le continent contribue déjà activement à la lutte contre le réchauffement planétaire, notamment grâce à ses forêts, qui absorbent et retiennent le gaz carbonique, principal facteur de réchauffement. L’Afrique compte 17 % des forêts de la planète et près du quart des forêts tropicales, qui contribuent à purifier l’air des émissions polluantes produites à des milliers de kilomètres.Mais les forêts d’Afrique disparaissent actuellement au rythme de plus de 5 millions d’hectares par an, victimes d’une exploitation commerciale excessive et non viable, et des méthodes de défrichage par brûlis. Des études indiquent que 66 millions d’hectares de forêts ont été détruits entre 1980 et 1995, et que le rythme de déforestation s’intensifie, malgré des initiatives comme le mouvement Green Belt au Kenya, une campagne menée par des femmes à l’échelle locale qui a permis de planter quelque 10 millions d’arbres depuis 1977.Le NEPAD préconise d’appliquer des lois qui rendent l’exploitation forestière viable et d’améliorer les rendements agricoles pour ralentir le défrichage à des fins agricoles. Mais le bois constitue un produit d’exportation important pour certains pays et la réduction de ces exportations se solderait par un manque à gagner difficile, voire impossible à combler. Des pays d’Afrique et d’autres régions du monde ont demandé aux pays industrialisés de reconnaître l’importance des forêts pour l’environnement et de rémunérer les pays en développement en échange de leur préservation. À ce jour, seuls quelques programmes pilotes ont été menés à petite échelle et l’action de l’Afrique contre le changement climatique se heurte au manque de moyens financiers.L’économie environnementale: des marchés plus vertsMême si elle est plus urgente en Afrique, la question de concilier d’urgents impératifs environnementaux et de dures réalités économiques se pose partout. Même dans les pays riches, les dépenses qu’entraîne la réduction des émissions de gaz à effet de serre ont freiné bon nombre d’initiatives. Lorsque les scientifiques expliquent qu’il serait moins coûteux d’éliminer dès à présent les émissions pour prévenir les conséquences les plus graves des changements climatiques, certains gouvernements répliquent qu’il faut procéder à des réductions plus progressives et plus modestes, étant donné le coût de ces mesures pour les entreprises et les consommateurs et les préjudices possibles pour l’économie mondiale.Dans une étude importante réalisée en 2006 sur les aspects économiques des changements climatiques au Royaume-Uni, Sir Nicholas Stern, ancien économiste en chef à la Banque mondiale, explique que la nature même des marchés libéralisés les empêche d’être naturellement plus verts. Et de fournir l’exemple suivant: les bénéfices provenant de la production d’une tonne d’acier sont partagés par une poignée d’individus – les propriétaires de l’aciérie, les ouvriers et les actionnaires – alors que, calculé en termes d’émission de gaz à effet de serre et de dommages infligés à l’environnement, le coût de cette tonne d’acier se répartit entre des milliards de personnes dans le monde sur de nombreuses générations, sous forme de problèmes de santé, de pollution de l’air et de violents changements climatiques. Les propriétaires de l’aciérie n’ont donc guère de raisons d’augmenter leurs coûts de production de façon à réduire la pollution. “Les changements climatiques représentent la faillite la plus grave des marchés que le monde ait jamais connu”, note Sir Stern.Toute réforme économique devra donc sanctionner plus sévèrement les pollueurs si l’on veut enrayer la progression du réchauffement planétaire. Certains ont proposé l’imposition d’une taxe sur les émissions de gaz à effet de serre mais cet “impôt sur le gaz carbonique” se heurte toutefois à une vive opposition dans de nombreux pays et n’a été adopté que par une poignée de pays. Une autre méthode de quantification de la pollution – le mécanisme d’échange des droits d’émission – a connu plus de succès depuis l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto en 1997. Ce Protocole exige des pays industriels signataires (dont seuls les Etats-Unis et l’Australie ne font pas partie) qu’ils réduisent leur production de gaz à effet de serre d’environ 5 % par rapport aux niveaux des années 1990. Le Protocole a également établi le Mécanisme pour le développement propre de la Conférence-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui autorise les industries les plus polluantes à acheter des droits de pollution de pays peu polluants en échange d’investissements dans les projets écologiques de ces derniers – afin de réduire ainsi le montant des émissions à l’échelle mondiale.Les transactions de gaz carbonique s’élèvent aujourd’hui à 22 milliards de dollars. L’Afrique espérait bénéficier du faible montant de ses émissions pour attirer les capitaux du Mécanisme pour le développement propre. Ce sera peut-être le cas, mais au milieu de l’année 2007, elle n’avait bénéficié que de moins de 2 % des projets financés par le Mécanisme dans le monde. Ce manque d’intérêt s’explique, d’après les experts, par les conditions généralement peu propices aux investissements qui règnent en Afrique, notamment la pénurie d’organismes financiers et commerciaux performants et l’insuffisance des moyens administratifs et de gestion du continent. Mais puisque l’accord de Kyoto arrive à échéance en 2012 et qu’il est maintenant prouvé que le réchauffement planétaire est plus rapide que prévu, il n’est pas impossible que le développement vert de l’Afrique profite des réformes économiques nécessaires pour lutter contre le réchauffement planétaire. “On ne dispose que de peu de temps pour enrayer la croissance des émissions de gaz à effet de serre, a déclaré à la presse en mai à Bangkok Rajendra Pachauri, qui préside l’influent Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat établi par les Nations Unies. On ne peut pas se permettre d’attendre.”ONU Afrique RenouveauAvis de tempêteLes répercussions des changements climatiques sur la population suscitent de plus en plus d’inquiétudes dans le monde entier, alors que des milliards de tonnes de déchets industriels polluent l’atmosphère chaque année, retenant une trop grande quantité de chaleur solaire et entraînant de dangereux bouleversements du climat et des phénomènes météorologiques de par le monde.L’Afrique subsaharienne produit moins de 4 % de ces émissions – les gaz à effet de serre – soit bien moins que l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Asie et d’autres régions industrialisées. Mais le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, groupe de chercheurs établi par l’ONU, a établi que l’Afrique subit déjà les effets des changements climatiques et en pâtira davantage dans les années à venir. Le Sahel et d’autres régions semi-arides risquent de souffrir d’une aggravation de la sécheresse. Un tiers de la population du continent vit déjà dans des zones de sécheresse, et 75 à 250 millions de personnes supplémentaires pourraient être menacées par les changements climatiques. Les régions sujettes à inondations de l’Afrique australe pourraient devenir plus humides encore du fait de l’évolution des conditions climatiques, les inondations étant plus fréquentes et les opérations de secours accaparant des ressources aujourd’hui consacrées au développement.L’agriculture du continent, qui souffre déjà de sa dépendance vis-à-vis de l’irrigation pluviale et de la mauvaise qualité des sols, risque d’être durement touchée à mesure que la sécheresse et les inondations s’étendront et que les saisons de végétation changeront. Un tel scénario constituerait une catastrophe humanitaire et économique sur un continent où les activités agricoles représentent 70 % des emplois et sont souvent le moteur des économies nationales, sources de recettes d’exportation et de denrées alimentaires à bas prix. Des études prévoient que d’ici 2020, les cultivateurs de certains pays ne récolteront que 50 % de leur production actuelle.“Déplacés climatiques”L’ONU estime que, du fait de la détérioration des conditions de vie, quelque 50 millions de personnes “déplacées climatiques” de par le monde pourraient se joindre aux flux de migrants qui traversent les frontières et les océans à la recherche de nouveaux moyens d’existence. Bon nombre d’entre eux s’installeront dans des villes surpeuplées qui ont déjà du mal à offrir des emplois, des logements et des services de base. Ce phénomène accroîtra également le risque de maladies comme le paludisme. Certaines régions non contaminées pourraient le devenir à mesure que les changements climatiques permettront aux moustiques porteurs de la maladie de se développer. L’Organisation mondiale de la santé prévoit que jusqu’à 80 millions de personnes supplémentaires pourraient ainsi contracter cette maladie de par le monde. AdaptationConscients de la vulnérabilité du continent, les dirigeants africains soutiennent depuis longtemps la lutte de la communauté internationale contre le réchauffement planétaire. Mais la réduction des émissions n’a jamais constitué la priorité absolue d’un continent dont les rares industries ne produisent que de faibles quantités de gaz à effet de serre. Les gouvernements du continent et leurs partenaires de la société civile et du développement s’efforcent plutôt de se préparer aux bouleversements climatiques à venir et d’aider les communautés vulnérables à s’y adapter. Le programme de développement de l’Afrique comporte des projets visant à renforcer les moyens de lutte des communautés contre les changements climatiques. (...)La principale difficulté est d’ordre financier, explique l’expert sierra-léonais de la météorologie Ogunlade Davidson. “Les changements climatiques auront des incidences considérables pour l’agriculture africaine, la contraignant à revoir ses pratiques. Mais sans un financement suffisant, elle n’en sera pas capable”, dit-il. (...)“Comme l’Afrique n’a jamais profité des avantages financiers qui ont causé au départ la production de gaz à effet de serre, elle n’a jamais accumulé les richesses nécessaires pour lutter contre les bouleversements climatiques.” De ce fait, l’Afrique se heurte aujourd’hui aux conséquences d’une situation dont elle n’est pas responsable, nécessitant des moyens qu’elle n’a pas. “C’est un double handicap.” L’Afrique reçoit néanmoins de l’aide de la part de deux fonds administrés par le Fonds mondial pour l’environnement, organisme de financement établi en 1991 pour participer aux projets de préservation de l’environnement des pays en développement.

Charles Diby Koffi : “Les dépenses hors budget seront régularisées”


M. le ministre, quelles leçons tirez-vous de ces assemblées annuelles du Fmi et de la Banque mondiale et avec quel espoir retournez-vous en Côte d’Ivoire?
Ces assemblées annuelles se sont focalisées sur la crise financière que traverse le monde actuellement et dont on craint qu’elle ne se transforme en récession économique. Et si tel était le cas, nous craignerions, en tant que pays à faibles revenus, de recevoir l’onde de choc de cette crise. Aussi, au niveau des pays africains, avons-nous décidé de mettre en place un comité de réflexion dirigé par les gouverneurs de nos banques centrales et composé des présidents des commissions économiques des unions. Afin de faire une étude sur l’impact probable de cette crise sur nos économies pour que déjà, nous puissions anticiper. Car, il ne faut pas croire qu’elle ne concerne que les économies avancées. Nous pouvons être touchés et, par conséquent, il importe de prendre des mesures pour pouvoir gérer au mieux cette crise qui s’internationalise.
La délégation ivoirienne a eu de nombreuses séances de travail jusqu’à des heures tardives. Pourquoi?
En marge de ces assemblées, nous avons continué nos discussions avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ; parce que nous souhaitons obtenir un programme (de Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance ou Frpc) d’ici à la fin de l’année. Je pense qu’elles sont en bonne voie. Mais nous avons encore des efforts à faire. Il ne faut pas se le cacher ou cacher les choses. Nous avons pris l’engagement de renforcer ces efforts de sorte que d’ici à fin novembre prochain, notre dossier soit prêt à être présenté aux conseils d’administration du Fmi et de la Banque mondiale. Entre autres, l’une des priorités, c’est l’apurement de la dette de la Banque africaine de développement (Bad), parce que la conclusion de notre dossier est un package. Tant que notre pays n’a pas apuré sa dette vis-à-vis de la Bad, le Fmi ne peut pas nous accorder son programme débouchant sur l’allègement de la dette. La Côte d’Ivoire s’est mise à jour vis-à-vis de la Banque mondiale, elle devra aussi le faire pour la Bad. Je tiens cependant à rappeler que les arriérés de dette de la Bad que nous sommes en train de payer en une échéance sont ceux accumulés au cours des sept dernières années. C’est pourquoi, il y a une pression sur la trésorerie. Et les Ivoiriens doivent comprendre que c’est la pilule à avaler pour que demain soit meilleur. On ne peut pas faire autrement si l’on veut demain bénéficier de l’allègement de la dette pour pouvoir reprendre la route des investissements, créer plus d’emplois dans le pays, rassurer les investisseurs privés et attirer, ce faisant, des investissements directs étrangers massifs. Toutes choses qui contribueront à renouer durablement avec un bon taux de croissance et la richesse à partager équitablement pour que chacun ait au moins un minimum.
Comme vous pouvez le constater, l’enjeu est majeur.
Combien la Côte d’Ivoire doit concrètement payer, en urgence, à la Bad?
Nous sommes obligés de payer 100 milliards de francs CFA (un peu plus de 152 450 644 euros) dans ce mois d’octobre pour nous mettre à jour vis-à-vis d’elle.
Cet apurement est-il accompagné d’un appui budgétaire?
Bien sûr ! Il nous apportera un appui budgétaire qui est actuellement l’objet de discussion. Le ministre d’Etat, Bohoun Bouabré, lui-même gouverneur de la Bad, s’en occupe. Et je pense qu’on pourrait avoir un appui budgétaire substantiel. En outre, la Banque mondiale nous promet également un appui budgétaire d’ici à la fin de l’année. C’est pourquoi, nous rassurons les opérateurs économiques quant au respect des engagements de l’Etat et au paiement de leurs créances. Mais en attendant, nous avons à nous acquitter, en urgence, d’une conditionnalité des institutions financières qui consiste à faire face rapidement au paiement des arriérés afin de parvenir à la conclusion d’un programme avec le Fmi, synonyme de sortie de tunnel pour la Côte d’Ivoire et pour les populations ivoiriennes. Vous savez, nous ne pouvons pas espérer avoir un taux de croissance important si nous ne pouvons payer nos arriérés intérieurs pour dynamiser notre économie. Mais, on a mis au point ensemble un programme et nous demandons un petit effort supplémentaire aux uns et aux autres pour que demain soit meilleur pour tous et pour chacun.
Alors, d’ici à la fin de l’année 2008, un apurement substantiel des arriérés intérieurs sera fait puisqu’on aura fini avec nos arriérés extérieurs susmentionnés. Je tiens à ce que les fournisseurs le sachent. On n’a pas besoin de mettre la pression relativement à l’apurement de la dette intérieure puisque les gouvernants, n’ignorent pas que la croissance forte sera le fait de la relance vigoureuse et de la dynamisation des activités productives du secteur privé, et ce faisant de notre économie. Nous n’ignorons pas non plus que cet apurement rassurera les investisseurs et opérateurs quant à une sortie effective de la crise.
Parlant des appuis budgétaires, à combien peut-on les estimer globalement, Banque mondiale et Bad mises ensemble?
Globalement, on ne sera pas en deçà des 100 milliards de FCFA si tout se passe bien.
On rembourse 100 milliards pour recevoir 100 milliards…
C’est le fonctionnement des Institutions financières, mais nous continuons de négocier pour avoir plus d’appuis budgétaires. Cela dit, il ne faut pas s’arrêter à ces seuls appuis. Il faut voir la possibilité qu’offrent ces apurements d’arriérés au pays en termes de réception de financements des autres partenaires au développement.
La dernière mission conjointe Fmi-Banque mondiale a fait mention d’un dépassement budgétaire et de dépenses hors budget. Comment l’expliquez-vous?
Il ne s’agissait pas de dépassement budgétaire en tant que tel. Vous savez, nous avons décidé, nous-mêmes, d’utiliser une partie de nos ressources pétrolières pour réaliser des investissements, entre autres, le transfert de la capitale à Yamoussoukro, décidé depuis 1983. Depuis très longtemps, l’Etat n’a pas pu réaliser des investissements nécessaires à cet effet. Alors, on préfère utiliser au moins une partie des ressources pétrolières pour financer ce transfert de la capitale pour que demain, on puisse dire aux générations à venir voilà ce que l’Etat a pu réaliser avec l’argent du pétrole. On aura au moins des investissements visibles financés par notre pétrole.
Lorsque la réalisation des chantiers a commencé, nous avons fait le décompte et avons présenté la situation au Fonds monétaire international en soulignant que ces dépenses n’étaient pas prévues dans le budget. Mais comme elles étaient gagées sur des ressources qu’on a déjà comptabilisées, le gouvernement allait faire un modificatif budgétaire pour l’y intégrer. Voilà ce qu’il en est. Je peux vous assurer que ce modificatif sera fait incessamment. Ce sont des dépenses réelles en investissement, visibles et palpables. Heureusement d’ailleurs que ce sont des dépenses en investissement ! Ç’auraient été des dépenses en fonctionnement qu’on se serait demandé plus tard ce que l’Etat a fait de l’argent du pétrole du pays. En tout état de cause, nous voulons pérenniser cette manière de faire, c’est-à-dire garder une petite partie de notre recette pétrolière pour réaliser des investissements pour demain : reprendre les routes (entretien routier), poursuivre les chantiers de la capitale, reprendre l’hôtel Ivoire, faire le pont, etc. Parce que je pense que c’est la meilleure façon de garantir l’avenir de notre pays.
Ayant expliqué tout cela aux autorités du Fonds et de la Banque mondiale, peut-on dire que vous retournez confiant en Côte d’Ivoire?
Oui. Nous avons pris des engagements. Nous leur disons de nous faire confiance. Nous allons retourner au pays et faire rapidement le modificatif pour garantir la transparence de ces opérations, puisque nous n’avons rien à cacher. Ensuite, nous allons accroître nos ressources pour avoir un solde primaire qui soit largement positif pour respecter le critère, apurer les arriérés de dette, accroître les dépenses sociales, et prendre des mesures de transparence accrue pour la gestion de nos ressources à partir de l’année prochaine.
Il convient de noter qu’en marge des assemblées, j’ai pu rencontrer de nombreuses personnalités dont des investisseurs américains et européens. Entre autres, le président de Citigroup, l’ancien président de la Banque mondiale, des responsables de la Banque européenne d’investissement (Bei) et bien d’autres qui ont montré leur intérêt pour la Côte d’Ivoire.
Par rapport à tout ce qui précède, que voulez-vous que les Ivoiriens retiennent?
Je suis heureux de constater que la presse, prise dans son ensemble, a perçu la portée de la conclusion du programme avec le Fmi. Je m’en réjouis parce que ce programme est important pour notre pays. Tant qu’on n’aura pas bénéficié de l’allègement de notre dette, le pays court vers l’asphyxie financière ; car le tiers de notre budget sert à payer la dette. Le deuxième tiers sert à payer les salaires et le dernier se divise en deux, une partie allant à l’investissement (faible) et l’autre au fonctionnement. Le seul poste sur lequel on peut jouer, c’est la dette extérieure. Tous les pays qui connaissent aujourd’hui des taux de croissance intéressants ont bénéficié de l’allègement. Nous sommes parmi les derniers pays à n’en avoir pas bénéficié ; et le mécanisme s’arrête d’ici à fin mars 2009. Comme quoi, nous sommes à un tournant décisif de l’histoire de notre pays. Je souhaite que les Ivoiriens nous aident à faire en sorte qu’on ait ce programme et que d’ici aux années à venir, on ait l’allègement de la dette et que l’argent qu’on devrait utiliser pour payer l’extérieur serve à créer des emplois en Côte d’Ivoire. C’est cela notre souhait, notre combat. La tâche n’a pas été facile. Beaucoup ne l’ont pas compris, croyant qu’il s’agissait d’une mauvaise orientation des fonds de l’Etat. Que non ! Mais je ne voulais pas parler tant qu’on n’avait pas atteint un point intéressant pour le pays. Bien sûr, nous n’avons pas encore atteint notre objectif, mais nous ne sommes pas loin d’y parvenir. Que tout le monde garde son calme. Que tout le monde nous accompagne dans le dernier virage qui conduit au point de décision de l’Initiative PPTE et donc à l’allègement de la dette qui permettra de garantir l’avenir du pays et de nos enfants.
Interview réalisée à Washington
Par Gooré Bi Hué
Focus : Repenser le rôle de prêteur du Fmi
Le Comité monétaire et financier international du conseil des gouverneurs du Fonds monétaire international (Fmi) qui s’est réuni, le 11 octobre dernier, durant les assemblées annuelles des deux institutions de Bretton Woods, créées en 1944, a recommandé que le rôle de prêteur du Fonds soit repensé. « Les concours financiers du Fmi sont importants pour donner confiance aux pays membres – sous réserve de garde-fous adéquats- en les aidant à faire face aux problèmes posés par la mondialisation en général et à la crise financière actuelle en particulier », dit dans son communiqué le comité. Qui insiste sur le fait que le Fmi est prêt à mettre pleinement à profit la souplesse inhérente à ses instruments de prêt, notamment dans les procédures d’urgence et les dispositions prévoyant un accès exceptionnel. « Toutefois, il convient de passer en revue ces instruments qui devront être adaptés aux besoins en pleine évolution des pays membres », note ce comité qui souscrit à la poursuite des travaux dans les cinq domaines suivants : d’un, examiner le cadre analytique des prêts et sa cohérence, notamment les possibilités de simplification des instruments de prêts et d’innovation, et explorer de nouvelles modalités de prêt. De deux, mettre en place un instrument de liquidité. De trois, réexaminer la conditionnalité. De quatre, passer en revue les mécanismes de prêt pour les pays membres à faible revenu. Et de cinq, rehausser les limites d’accès aux ressources du Fmi et réexaminer les conditions de financement. Toutes ces questions devraient trouver des réponses à la prochaine assemblée annuelle du Fonds prévue en 2009, à Istanbul, en Turquie.
G. B. H

Filière café-cacao : L’AUDITION DES MINISTRES COMMENCE AUJOURD’HUI

Après la fausse alerte du 28 août dernier, le juge d’instruction commence à entendre, à partir de ce jour, des membres du gouvernement sur la crise qui secoue la filière.
L’audition des cinq ministres autorisée par le gouvernement lors du conseil des ministres du 14 août dernier, «en qualité de témoins» commence finalement aujourd’hui. Après la nomination des deux experts le 16 juillet en vue de «réaliser l’audit financier du Fdpcc, de la Bcc, de l’Arcc, du Frc et du Fgccc depuis leur création jusqu’au 30 mai 2008», le doyen des juges d’instruction, Joachim Gnakadé Ladji, avait obtenu du gouvernement l’autorisation d’auditionner cinq ministres «à titre de témoins».
Ce sont : Paul Antoine Bohoun Bouabré, ministre d’Etat, ministre du Plan et du Développement (ancien ministre de l’économie et des Finances); Amadou Gon Coulibaly, ministre de l’Agriculture; Charles Diby Koffi, ministre de l’Economie et des Finances; Alphonse Douaty, ministre de la Production animale et des Ressources halieutiques (ancien ministre de l’Agriculture) et Sébastien Dano Djédjé, ministre de la Réconciliation nationale et des Relations avec les Institutions (ancien ministre de l’Agriculture). Ces auditions, selon lesdites sources, démarrent aujourd’hui par le ministre de l’Agriculture.
Considérés par le conseil des ministres comme des personnes extérieures et neutres par rapport aux griefs en cours contre la gestion de la filière café-cacao, ces membres du gouvernement sont sollicités pour apporter leur concours à la procédure judiciaire pour faire éclater la vérité. Néanmoins, si des indices graves et concordants de participation aux infractions, objet de l’information, apparaissent dans leurs témoignages, ils s’exposent à être poursuivis mais par la Haute Cour de justice parce qu’ils jouissent du privilège de juridiction.
C’est le lieu de rappeler que les dirigeants de la filière en détention à la Maca à la suite de l’ouverture d’une information judiciaire le 11 août 2007 par le Procureur de la République, Raymond Tchimou Féhou, sur instruction du Chef de l’Etat, ont toujours clamé avoir agi dans le strict respect de leurs prérogatives et dans les règles de l’art.
Pour étayer leurs propos, les mis en cause, on se souvient, avaient fait remarquer que l’acquisition des différents biens aujourd’hui au centre du scandale avait eu l’aval des ministres de tutelle notamment ceux de l’Agriculture et de l’Economie et des Finances.
C’est pourquoi, les témoignages des ministres devraient apporter de sérieux éclairages dans le déroulement de ce procès qui suscite, depuis son ouverture, de vives réactions de divers ordres.
Une des conséquences de cette crise : la filière café-cacao est, depuis le 22 septembre 2008, confiée à un Comité intérimaire de gestion que dirige Anoh N’Guessan Gilbert.
Abel Doualy(frat mat)

can junior

Ils sont partis à Ouagadougou animés par l’esprit de gagneur. Les Eléphanteaux ont bel et bien réussi le hold-up parfait sur le stade du 4 août au Burkina Faso hier dimanche 12 octobre sans se laisser intimider par des Etalons qui étaient visiblement lessivés physiquement après les quinze premières minutes de la première mi-temps. Pourtant le public burkinabé optimiste, a pronostiqué en faveur de son équipe. Mais sur le terrain du 4 août, la réalité était autre et les poulains d’Alain Gouaméné ne se sont pas fait prier à déjouer tous les plans de provocation et d’anti-jeu de la part des jeunes Etalons. Les Eléphanteaux étaient moralement bien préparés et physiquement armés pour confondre leurs adversaires qui semblaient curieusement oublier leur football chatoyant du match aller à Abidjan dans les vestiaires. Les poulains de l’entraîneur des Etalons, Traoré Brama sont passés à côté de leur sujet. Ils ont été plutôt décevants devant leur public à cause du jeu décousu sur tous les compartiments. Les Etalons ont mis la pression sur leurs adversaires dès le début de la rencontre, en pressant la défense ivoirienne. Un coup franc tiré par Yedan Moussa (11è minute), oblige le gardien Koné Ibrahim à se plier en deux pour mettre le ballon en corner. Gohi Bi Cyriac avait la possibilité d’ouvrir le score aux (15è, 27è et 31è), mais le sociétaire de l’Asec Mimosas est passé à côté des buts du gardien des Etalons Diarra Mohammed. Il a fallu attendre la 37è minute pour que les Eléphanteaux trouvent le chemin des filets, lorsque Seri Jean-Michel permet au latéral droit Comoé N’goran de battre le gardien Etalon, Les choses deviennent pénibles pour l’équipe burkinabé quand Ngossan marque le second but dans le temps additionnel (45+1). C’est sur ce score de 0-2 que l’arbitre sud-africain Nhlapo Jonas siffle la mi-temps.
A la 58è minute, un Etalon s’écroule dans la surface des Eléphants, curieusement, l’arbitre accorde un penalty et les Etalons réduisent le score par Traoré Moussa. Le public burkinabé pousse en vain ses joueurs. Koné Bakari permet à Gohi Bi Cyriac de sonner le glas aux intentions des Etalons en inscrivant le 3è but (80è), avant que Sidibé Oumar ne réduise le score. Mais les Eléphanteaux ne s’arrêtent pas là. Au contraire, c’est le nouvel entrant Koné Koro Issa qui viendra assommer le gardien Etalon (90è+4). Les Eléphanteaux venaient d’accomplir leur mission en terre burkinabé par 2-4 et se qualifient en passant par la grande porte pour la phase finale de la Can qui aura lieu en 2009 au Rwanda. La douleur et la déception se lisaient sur le visage des supporters des Etalons au coup de sifflet final. Pendant que du côté des Ivoiriens la joie était à son comble.
Hamed Konin, envoyé spécial à Ouaga

traitement de l'information en periode electorale

Le Président du Conseil d’Administration (PCA) de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), Honoré Guié a animé récemment une conférence publique à Grand Bassam sur le rôle de la presse écrite et audiovisuelle en période électorale.
Le PCA de la RTI, a expliqué, face aux patrons de presse et des organismes de la societé civile, que la mission essentielle des médias consiste à donner des informations au public et que le mauvais traitement de celles-ci peut compromettre le tissu social. « La manière dont l’information est donnée peut avoir un impact négatif ou positif sur le climat social. Tout ce qui conduit à la guerre et qui est contre l’interêt du peuple est condamnable », a-t-il fait remarquer tout en invitant les responsables de presse à assumer leurs responsabilités en évitant, en cette période électorale, de véhiculer des informations de nature à troubler l’ordre public. La presse, en général, à l’en croire, joue un rôle prépondérant à l’avènement de la démocratie dans une nation. Mieux, les organes de presse par les informations qu’ils véhiculent peuvent entraîner la chute d’un gouvernement . C’est d’ailleurs, aux dires de Honoré Guié, la raison pour laquelle on l’appelle, le quatrième pouvoir car « les médias ont une influence, un pouvoir important tant sur ceux qui exercent le pouvoir que sur le peuple ». Parlant particulièrement des médias privés, il a martelé que la motivation de cette presse n’est plus seulement la rentabilité, comme ce fut le cas par le passé, mais «devrait aller au-delà de l’information pour aider à la formation de véritables citoyens épris de paix». Le conférencier a surtout insisté sur la nécessité pour les journalistes exerçant dans la presse privée de se rendre indépendants vis-à-vis des partis politiques. « Les patrons de presse privée doivent pouvoir concilier leur intérêt avec celui de la société civile. Quant aux journalistes, ils doivent être plus professionnels et éviter de mener le combat des hommes politiques à leur place », a-t-il conseillé. Après quoi, des responsables des médias et des organismes de la société civile, présents à cette rencontre, ont fait part de leurs préoccupations au PCA de la RTI.

salon international de la sous-traitance

Ouvert le 14 octobre 2008, par le représentant du ministre de l’Economie et des Finances, le deuxième salon international de la sous-traitance et de partenariat (STEP 2008) continue de refuser du monde au Palais de la Culture de Treichville. Certains visiteurs y viennent pour des échanges d’affaires et d’autres pour prendre part aux débats d’échanges sur une possible relance du secteur industriel africain en général et de celui de la Côte d’Ivoire en particulier.
Abidjan, porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest, vit depuis le 14 octobre 2008, au rythme d’une rencontre d’affaires, dans le cadre des activités du deuxième salon international de la Sous-Traitance et de Partenariat (STEP 2008). Mais, après trois journées d’activités intenses, l’on pourrait dire que le pari est gagné pour le deuxième salon international qui se tient en terre ivoirienne dont les initiateurs sont bel et bien Jean Baptiste Amichia et Seydou Touré, respectivement PCA et DG de la Bourse de Sous-Traitance et de Partenariat de Côte d’Ivoire. Aussi convient-il de rappeler que cette rencontre d’affaires paraît la plus importante du genre pour la Côte d’Ivoire depuis près de dix ans, si on s’en tient aux propos de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, S.E.M André Janier, vu la qualité et le nombre de participants. Car, le STEP 2008, à la différence des salons habituels, est consacré à la recherche de solutions en vue de la relance du tissu industriel ivoirien et partant celui de toute l’Afrique de l’Ouest. C’est à juste titre que des Institutions internationales et régionales (UE, UEMOA…) se sont engagées, en contribuant à la réussite de cette rencontre. Au Palais de la Culture de Treichville, les contacts d’échanges entres hommes d’affaires et entreprises se passent bien, au regard de l’engouement et l’intérêt que le STEP 2008 suscite auprès des participants, au grand dam de ceux qui avaient hésité sur le choix d’Abidjan pour abriter cet important évènement. Qui montre que la Côte d’Ivoire est en marche, au regard de la participation des entreprises nationales, européennes et africaines à ce salon, à travers des expositions. Pour témoigner de leur soutien au tissu économique ivoirien, les entreprises françaises n’ont pas manqué à ce rendez-vous d’affaires. Elles ont effectivement effectué le déplacement. Elles font d’ailleurs partie de la délégation la plus importante après celle de la Côte d’Ivoire, pays organisateur de la deuxième édition du salon international de la sous-traitance et de partenariat. Dédié donc aux hommes d’affaires et particulièrement aux entreprises, le STEP 2008 se propose de redynamiser la promotion de la sous-traitance et du partenariat industriel en Côte d’Ivoire, en offrant aux entreprises, un large éventail d’opportunités, s’articulant autour de trois axes stratégiques, à savoir (1) favoriser une ouverture des entreprises nationales au reste du monde, (2) créer les conditions favorables de compétitivité et la flexibilité par le recours à la sous-traitance, puis (3) diversifier et mettre à niveau les entreprises africaines. En plus des échanges de contacts entre hommes d’affaires, des conférences-débats meublent les activités du STEP 2008 de Côte d’Ivoire. Au cours de la journée du jeudi 16 octobre 2008, les participants ont eu droit à cinq conférences. Le CEPICI a exposé sur le thème ‘’Investir en Côte d’Ivoire’’. Ce fut l’occasion pour les représentants du CEPICI d’expliquer aux visiteurs, notamment les entreprises étrangères, les potentialités d’investissement en Côte d’Ivoire et surtout la facilité que leur accorde le code ivoirien d’investissement. Au cours de la matinée, une autre conférence a été dite sur ‘’l’Appui au financement des PME’’ par PROPARCO, une banque financière basée en France dont le capital social est détenu à 57,8% par l’AFD (Agence française de Développement).
Honoré Kouassi

salon international de la sous-traitance et de patenariat

Ouvert le 14 octobre 2008, par le représentant du ministre de l’Economie et des Finances, le deuxième salon international de la sous-traitance et de partenariat (STEP 2008) continue de refuser du monde au Palais de la Culture de Treichville. Certains visiteurs y viennent pour des échanges d’affaires et d’autres pour prendre part aux débats d’échanges sur une possible relance du secteur industriel africain en général et de celui de la Côte d’Ivoire en particulier.
Abidjan, porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest, vit depuis le 14 octobre 2008, au rythme d’une rencontre d’affaires, dans le cadre des activités du deuxième salon international de la Sous-Traitance et de Partenariat (STEP 2008). Mais, après trois journées d’activités intenses, l’on pourrait dire que le pari est gagné pour le deuxième salon international qui se tient en terre ivoirienne dont les initiateurs sont bel et bien Jean Baptiste Amichia et Seydou Touré, respectivement PCA et DG de la Bourse de Sous-Traitance et de Partenariat de Côte d’Ivoire. Aussi convient-il de rappeler que cette rencontre d’affaires paraît la plus importante du genre pour la Côte d’Ivoire depuis près de dix ans, si on s’en tient aux propos de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, S.E.M André Janier, vu la qualité et le nombre de participants. Car, le STEP 2008, à la différence des salons habituels, est consacré à la recherche de solutions en vue de la relance du tissu industriel ivoirien et partant celui de toute l’Afrique de l’Ouest. C’est à juste titre que des Institutions internationales et régionales (UE, UEMOA…) se sont engagées, en contribuant à la réussite de cette rencontre. Au Palais de la Culture de Treichville, les contacts d’échanges entres hommes d’affaires et entreprises se passent bien, au regard de l’engouement et l’intérêt que le STEP 2008 suscite auprès des participants, au grand dam de ceux qui avaient hésité sur le choix d’Abidjan pour abriter cet important évènement. Qui montre que la Côte d’Ivoire est en marche, au regard de la participation des entreprises nationales, européennes et africaines à ce salon, à travers des expositions. Pour témoigner de leur soutien au tissu économique ivoirien, les entreprises françaises n’ont pas manqué à ce rendez-vous d’affaires. Elles ont effectivement effectué le déplacement. Elles font d’ailleurs partie de la délégation la plus importante après celle de la Côte d’Ivoire, pays organisateur de la deuxième édition du salon international de la sous-traitance et de partenariat. Dédié donc aux hommes d’affaires et particulièrement aux entreprises, le STEP 2008 se propose de redynamiser la promotion de la sous-traitance et du partenariat industriel en Côte d’Ivoire, en offrant aux entreprises, un large éventail d’opportunités, s’articulant autour de trois axes stratégiques, à savoir (1) favoriser une ouverture des entreprises nationales au reste du monde, (2) créer les conditions favorables de compétitivité et la flexibilité par le recours à la sous-traitance, puis (3) diversifier et mettre à niveau les entreprises africaines. En plus des échanges de contacts entre hommes d’affaires, des conférences-débats meublent les activités du STEP 2008 de Côte d’Ivoire. Au cours de la journée du jeudi 16 octobre 2008, les participants ont eu droit à cinq conférences. Le CEPICI a exposé sur le thème ‘’Investir en Côte d’Ivoire’’. Ce fut l’occasion pour les représentants du CEPICI d’expliquer aux visiteurs, notamment les entreprises étrangères, les potentialités d’investissement en Côte d’Ivoire et surtout la facilité que leur accorde le code ivoirien d’investissement. Au cours de la matinée, une autre conférence a été dite sur ‘’l’Appui au financement des PME’’ par PROPARCO, une banque financière basée en France dont le capital social est détenu à 57,8% par l’AFD (Agence française de Développement).
Honoré Kouassi

Lucky : le rasta n’est pas mort


«C’est terrible ce qui vient d’arriver là, c’est terrible !» Ces paroles pleines d’émotions, Youssou N’dour les a lancées quelques heures seulement après l’annonce de la mort de Lucky Dube.Jeudi dernier, la nouvelle a provoqué un choc dans le monde musical et chez tous les admirateurs de celui qui était considéré comme l’icône du reggae sud-africain. «Je suis complètement triste», dira le chanteur sénégalais qui connaît bien Lucky Dube pour avoir participé à de nombreux concerts et travaillé avec lui sur plusieurs projets. Notamment, celui de la Croix- Rouge (en compagnie de Papa Wemba, Wally Badaru, Lourdes Van Dunen et autres) et ledisque «So Why» qui en a résulté.«Mais comment peut-on assassiner aussi sauvagement un grand homme comme lui ?» Voilà la question que tout le monde se pose et qui se posera toujours. Comment peut-on faire ça à un homme vénéré de tous pour son talent et pour ses chansons dont les textes sont des messages sociaux très forts. A l’image de «Remember me», une chanson qui parle de la souffrance des enfants abandonnés par leurs pères partis travailler à la ville. Et c’est un enfant qui demande à son paternel de ne pas oublier qu’il est resté au village.«Je me souviendrai toujours d’un concert à Kampala (Ouganda). Pendant les trois premières minutes, Lucky n’a pas pu chanter, parce que 70 000 fans reprenaient en chœur «Remember me», se souvient Stella Antos, ancien directeur de Gallo South Africa, la maison de disques qui a produit la majorité des 21 albums de l’artiste.Le premier de ses albums reggae, «Rasta never die» (Le rasta ne meurt jamais) avait été interdit sur les antennes des radios sud-africaines. Cependant, sa lutte contre l’apartheid, Lucky Dube la fera (dans les années 80) avec des succès comme «Prisoner», «Together as one», «House of exile», «Slave»… Ces dernières années, le chanteur se disait fier des progrès effectués par l’Afrique du Sud. Même si le pays souffre encore des nombreux problèmes de violence. «Nous avons essayé l’amour, l’unité, la camaraderie, mais ça ne semble pas beaucoup marcher. Il faut du respect, parce que c’est ce dont le monde a besoin», disait-il en avril dernier, à l’occasion de la sortie de son dernier album «Respect» distribué en Europe par Warner. Mais voilà, c’est la violence qui a fini par le surprendre, jeudi dernier. Adieu Doo Bay !

“Je ne suis pas à vendre”


Bamba Amy Sarah est la seule fille de l’émission Stars Tonnerre à s’engager dans une carrière d’artiste chanteuse. Qui semble bien lui réussir grâce à un maxi single intitulé “C’est Dieu qui est fort”.



18/10/2008 (11h00) -
• Comment vis-tu ta nouvelle vie d’artiste chanteuse ?- C’est difficile mais, ça va.
• Difficile ?- Quand je dis difficile, c’est parce que je ne suis plus libre de mes mouvements. Je ne peux plus aller n’importe où. Je ne peux plus prendre tranquillement mon «gbaka» (mini car) ou mon «wôrô wôrô» (taxi intercommunal). Il suffit que quelqu’un me reconnaisse en ville pour qu’on crie mon nom partout. Et ça me gêne. Il faut que j’adopte un nouveau comportement compatible avec ma nouvelle vie d’artiste chanteuse. Je ne peux plus manger de l’alloco n’importe où. Maintenant, il est question de gérer mon image en faisant attention à ce que je fais.
• Aujourd’hui, en tant qu’artiste chanteuse, qu’est-ce qui a changé dans ta vie ?- Je suis devenue plus mature. J’ai grandi dans la tête et je prends les choses désormais avec beaucoup de philosophie. Avant, j’étais nerveuse car j’ai un gros cœur, comme on le dit chez nous. Maintenant, j’ai acquis une grande maîtrise de soi. J’ai une certaine responsabilité au sein de ma famille. Quand j’ai un peu de moyens, j’aide autant que possible mes frères et sœurs.
• Pour une première entrée artistique dans le show-biz, tu ne t’en sors pas mal, côté prestation scénique. Quel est ton secret ?- Quand je monte sur scène, je me dis qu’à la fin de ma prestation, le public doit être satisfait. Ce qui fait qu’à chaque prestation, j’améliore mes performances pour faire plaisir aux mélomanes. • Il paraît que tu es très convoitée par les hommes ? - Si c’est le cas, je ne leur donne pas l’occasion ni le temps de m’aborder. A plus forte raison, me draguer.
• Ah bon ! Et pourquoi ? - Quand j’ai un spectacle, par exemple, à l’intérieur du pays, je suis tout le temps dans ma chambre. Quand c’est mon tour de passage, je vais à trente minutes de ma prestation. Dés que je finis mon show, je rentre immédiatement. Quand je sors, c’est pour aller au restaurant. Je suis toujours dans ma chambre jusqu’à ce que je retourne à Abidjan.
• As-tu déjà reçu une proposition vicieuse d’un homme ?- (Elle réfléchit un instant)… Oui. Il s’agissait d’un dragueur qui m’avait donné un rendez-vous. Je suis allée et on s’est rencontrés. Le même soir, il m’envoie un sms pour me dire qu’il a envie de moi. Franchement, ça m’a choquée. Pour lui, il a l’argent, donc il peut faire ce qu’il veut de moi parce qu’il a envie. Ça ne marche pas avec moi. Car je ne suis pas un jouet sexuel que l’on achète quand on a envie.
• Es-tu consciente aussi que les vices les plus inimaginables ont droit de cité dans le show-biz ?- (Rires) Oui, je sais cela. Je sais aussi que quand on passe à la télé, des gens assis dans leurs salons peuvent fantasmer sur vous. Ils sont prêts à tout pour t’avoir et découvrir comment tu es. Pour parvenir à leurs fins, ils sont prêts à débourser des millions. Mais je pense qu’il faut avoir au moins des principes dans sa vie. Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas la peine de venir dans le show-biz.
• Quels sont tes principes à toi ?- Je ne mets jamais l’argent devant, dans une relation. Si un homme me brandit de l’argent en pensant qu’il peut m’avoir avec ça, c’est qu’il a échoué. Je ne suis pas à vendre ou à acheter. C’est clair.
• C’est ce que les femmes disent quand elles débarquent nouvellement dans le milieu ?- En tout cas, ce n’est pas mon cas. Personnellement, c’est la personnalité d’un individu qui compte pour moi dans une relation. Quand on de la personnalité, on ne brandit pas l’argent comme une arme.
• Ton copain possède-t-il toutes ces qualités ?- Il n’a rien d’extraordinaire, mais il possède quand même ces qualités. Il est gentil et il me pardonne beaucoup. Il n’est pas rancunier.
• Il pardonne même tes infidélités ? - Safroulaye ! Je ne l’ai jamais trompé. Ce que je veux dire, c’est que quand on se dispute, trente minutes plus tard, il a oublié tout ce qui s’est passé entre nous.
• Tu vas l’épouser ?- Ça fait trois ans qu’on vit ensemble. Je l’ai présenté à ma mère et toute ma famille le connaît. S’il plaît à Dieu, on pourra vivre ensemble. Car nous avons des projets ensemble.
•Dis-moi : des rumeurs persistantes révélaient que les filles de Stars Tonnerre étaient proposées à d’autres hommes. Qu’en est-il ?- (Elle secoue la tête) C’est vraiment n’importe quoi. Je ne sais pas pourquoi l’Africain est comme ça. Nous sommes des filles qui vivons chacune chez soi avant l’avènement de Stars Tonnerre. Nous ne sommes pas des prostituées qu’on a ramassées en zone 4. Je ne sais pas pourquoi les gens pensent comme ça. Moi je suis issue d’une famille musulmane. Chez nous, on ne fait pas ça.
• Pour revenir à ta carrière : es-tu vraiment engagée dans la chanson ?- Oui. Après la promo de mon album qui est sur le marché, je vais commencer à préparer le prochain disque. Je suis vraiment décidée à faire une véritable carrière artistique. C’est pourquoi j’ai besoin de la bénédiction de mon public.


Judo/coupe de Côte d`Ivoire individuelle : Koné Roméo, nouveau champion

la caserne des sapeurs pompiers d'Adjamé a abrité la coupe de Côte d'Ivoire individuelle, hier dimanche 19 octobre. Koné Roméo de la Société Omnisport de l'Armée (SOA) a arraché le titre de champion de Côte d'Ivoire en battant le champion en titre Beah Achille.Revenu fraîchement du Maroc où il a suivi une formation intense, le militaire Koné Roméo a démontré à tous qu'il avait acquis un plus. Opposé à Beah Achille de la JC Yop en finale des + de 100kg, le jeune sociétaire a fait preuve d'une maîtrise de soi et d'une technique hors pair. Toutes choses qui ont fini par avoir raison de l'ex-champion, qui par ailleurs manquait d'entrainement. Pour le président de la Fédération de judo, Angbo Isaac, cette victoire vient à point nommé pour sanctionner la dynamique nouvelle que la FIJDA veut inculquer aux athlètes. " Si Roméo n'avait pas gagné Achille, ç'aurait été grave. Car cela voudrait dire que le travail que nous abattons actuellement ne porte pas. Mais fort heureusement ce n'est pas le cas. Et puis c'est aussi un avertissement pour tous les athlètes qui ne s'entraînent pas et viennent compétir", a déclaré le président. Chez les moins de 75 kg hommes, Gbaté Déza de l'AS Police s'est imposé face à Zézé Didier Alain de la SOA. Quant aux dames, le vainqueur de la catégorie +de 65kg a été la sociétaire Sokou Benie et celle des moins de 65kg est Dabonné Zouleila de la Jock. Joelle M

Football/ Finale de la Ligue 2 : L`Efym donne une leçon au Séwé

lEcole de football Yéo Martial (EFYM) a remporté, samedi, au stade Champroux de Marcory, la 2e édition de la Coupe de la Ligue 2 en battant aux tirs au but (5-4) le Séwé de San Pedro. Au temps réglementaire, les deux équipes ont coupé la poire en deux (2-2). On peut le dire, cette opposition annoncée comme le derby des nouveaux promus de la Ligue 1 a tenu toutes ses promesses. L`Efym et le Séwé ont livré un beau spectacle au public qui a répondu à l`appel de la Fédération ivoirienne de football. A l`entame de la rencontre, ce sont les écoliers qui appliquent bien leur leçon en contraignant leur adversaire à jouer à dix à seulement 20 mn de jeu suite au carton rouge écopé par le latéral droit, Goua Mahan Marc. Après la période d`oxygénation, Yoboué Kouadio JC, à la 52e mn, d`une tête rageuse, nettoie la lucarne de Soumahoro Samoukaz, le portier des Ecoliers et ouvre le score pour le Sewé. A la 73e mn, les Séwékas corsent l`addition 2-0. Le Séwé se laisse gagner par l`euphorie et baisse la garde. Tano Koffi Blaise et ses coéquipiers n`en demandent pas mieux pour réduire le score à la 76e mn. L`Efym puise alors dans ses dernières ressources en fin de partie (88e) pour mettre les pendules à l`heure par l`entremise de Ouattara Kalhil. Finalement, les deux formations ont eu droit à l`épreuve fatidique des tirs au but qui se solde par 5 tàb 4 pour les Ecoliers. . " C`est l`année de l`Efym. Mes enfants ont donné une bonne leçon à nos détracteurs et je pense que nous attendons maintenant notre finale de la Coupe nationale face à l`ASEC. L`Efym a démontré qu`elle est prête pour la Ligue 1" a commenté Ervé Siaba, à la fin de la rencontre.De Bouaffo

En visite au Québec : Blaise Compaoré estime qu`un report de la présidentielle ivoirienne est “secondaire”

Un report de l`élection présidentielle en Côte d`Ivoire, prévue le 30 novembre, serait "secondaire", si cela permet d`avoir un scrutin "propre et juste", a estimé samedi à Québec le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur de la crise ivoirienne. "Il faut être sûrs que nous n`allons pas vers des élections précipitées, mais vers des élections propres régulières et justes et cela passe avant tout par la qualité de la liste des électeurs", a déclaré M. Compaoré à TV5 Monde en marge du sommet de la Francophonie à Québec. "Le retard pris dans l`établissement de ces listes nous paraît secondaire eu égard aux attentes des Ivoiriens. Je ne pense pas que quelques semaines de retard vont nuire à la vigueur et à la qualité du processus en cours", a ajouté le président burkinabé. Une source proche de la Commission électorale indépendante (CEI) avait indiqué cette semaine à l`AFP que l`élection présidentielle du 30 novembre en Côte d`Ivoire devrait être reportée en 2009 en raison de la lenteur du processus d`enregistrement des électeurs lancé le 15 septembre. Le report de la présidentielle, sans cesse repoussée depuis la fin du mandat du président Gbagbo en octobre 2005, sera inévitable en raison des "problèmes techniques et logistiques" du processus d`identification des populations, a ajouté cette source.AFP

Conseil d`administration de la MUGEF-CI : 96 délégués bloquent l`admission de l`UNAF-CI

la Mutuelle Générale des Fonctionnaires et Agents de l'Etat de Côte d'Ivoire (MUGEF-CI) a organisé, le jeudi dernier, une assemblée générale extraordinaire à la Bourse de travail. Il s'agissait pour cette structure, de faire un toilettage des statuts et règlement intérieur en vue, de permettre entre autres l'entrée de DIGNITE et de l'Union nationale des Forces du travail de Côte d’Ivoire (UNAFCI au sein de l'assemblée générale du conseil d'administration. Si la requête de Dignité est passée comme lettre à la poste, ce n'est pas le cas de l'UNAF-CI. Sur 185 délégués présents, 96 ont voté contre. Le projet de toilettage, après discussion, a été donc voté par la grande majorité des organisations et délégués présents. Avant, le PCA de la mutuelle, M. Hollande N'DA Joseph, est revenu sur l'objet de cette rencontre : "L'assemblée générale du 30 août 2007 a instruit le conseil d'administration de faire une légère modification afin de permettre à certaines organisations syndicales de faire leur entrée dans le conseil d'administration.C'est ce projet qui vous a été transmis pour recueillir vos observations que nous allons, ensemble, examiner puis adopter afin d'aboutir à la production de textes consensuels" a-t-il indiqué . Le Directeur général de la MUGEF-CI, M. Adon Bernardin a pour sa part ajouté qu'il s'agit, en somme, de faire participer à la majorité des représentants des fonctionnaires à la gestion de leur seul outil de solidarité. "Le présent projet de modification contient 68 articles au titre des statuts et 81 au titre du règlement intérieur", a-t-il poursuivi avant de souligner que si ce projet est adopté, il permettra entre autres de simplifier les dispositions statutaires, de distinguer clairement les différents membres et les bénéficiaires de la MUGEF-CI etc. 182 délégués et 62 organisations ont pris part à cette réunion qui marque une étape importante dans la vie de cette structure.DJE KM

Institut de formation du BNETD (IFHER) : L`année académique s`ouvre avec une nouvelle filière


Les inscriptions au titre de l'année académique 2008-2009 ont débuté à l'Institut de formation des hautes études et de recherche (IFHER) du Bureau national d'études techniques et de développement (Bnetd) et prendront fin le 11 novembre prochain. Cette année s'ouvre avec une nouvelle filière, à savoir les transports internationaux. "Le transport est un élément important de l'économie nationale. Or, il y a un manque criant de cadres de haut niveau qui puissent définir des objectifs de gestion à long terme. Les étudiants que l'institut va former pourront également servir dans les assurances, les banques et tous les secteurs qui accompagnent le transport", a déclaré Dr Arnaud Zagbaï Tapé, le directeur de l'IFHER. Celui-ci a fait savoir que "l'institut s'adresse aux étudiants et aux travailleurs. Le minimum requis est la maîtrise. Ensuite, il faut passer un test de recrutement devant un jury composé de professeurs expérimentés et d'universitaires ayant des connaissances très approfondies des milieux d'entreprises. Le nombre de places est limité à 15 par filière afin d'assurer un encadrement efficient et faciliter l'insertion dans la vie professionnelle. L'avantage de l'institut est que ce sont les entreprises de premier plan qui nous appuient afin de mettre à la disposition des pays africains des cadres de haut niveau. Ce sont ces mêmes entreprises qui proposent des sujets de stage répondant à leurs besoins réels. Les étudiants formés sont prêts à la pratique de leur futur métier". A ce jour, près de 17 entreprises accompagnent l'IFHER. Pour la précédente année académique, l'Institut a reçu 35 étudiants répartis en quatre filières de DESS : informatique option réseaux et télécommunications, économie de l'aménagement du territoire et du développement local ; évaluation des projets et ressources naturelles et environnement.André Silver Konan