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lundi 9 février 2009

Moralisation de la vie publique Laurent Dona Fologo (Pdt du RPP) : « Il faut punir les grilleurs d’arachides »

Venus des quatre coins du pays, les militants du Rassemblement pour la paix, le progrès et le partage (RPP) ont massivement investi le siège de leur parti samedi dernier pour la présentation des vœux du nouvel an à leur président. Au cours de cette cérémonie, Laurent Dona Fologo a particulièrement insisté sur la moralisation de la vie publique. Il a apporté son soutien au Chef de l’Etat qui a commencé à sévir contre certains de ses collaborateurs impliqués dans des détournements de deniers publics et autres malversations. « Je salue les actes récents du Président de la République. Mais il ne suffit pas d’écarter les grilleurs d’arachides, il faut les punir pour mettre fin à ces pratiques et s’engager résolument dans la bonne gouvernance », a-t-il déclaré. Le RPP, selon son président, est pour un Etat fort. Car, « aucun Etat ne peut progresser dans le laxisme et l’indiscipline », a-t-il fait observer. Citant l’exemple des pays émergents, le père du sursaut national a fait remarquer que le respect des lois est l’arme des pays forts. « La force de la démocratie réside dans la soumission aux lois », a-t-il ajouté. Parlant du processus de sortie de crise, il a indiqué que ceux qui proposent les dates des élections n’ont pas mesuré l’ampleur et l’immensité de la tâche. Selon lui, l’opération d’identification et d’enrôlement est longue, complexe et coûteuse pour l’Etat de Côte d’Ivoire. Il a évoqué les nombreuses difficultés de cette opération dans le nord qu’il a visité récemment : A Sinématiali, seulement 7 centres sur les 39 sont ouverts. A cela s’ajoute l’insuffisance des valises Sagem, la difficulté des parents âgés à rallier les centres, la difficile reconstitution des registres au nord, les fréquentes fermetures des centres pour primes impayées, etc. Au regard de toutes ces difficultés qu’il juge incontournable, Fologo estime que « les élections n’auront pas lieu de si tôt. Dans le meilleur des cas, les élections se feront à la fin de l’année 2009. On ne peut donc pas fixer la date des élections à partir des bureaux climatisés de New York ou de Paris », a-t-il dit. Avant son allocution, le secrétaire général Ouattara Gnonzié, au nom des militants, lui a présenté des vœux de santé, de succès et de prospérité.
Hippolyte Oulaï

Grève dans la santé Les infirmiers lâchent les médecins

Le front social de la santé va peut être s’embraser le 18 février, mais sans la participation des infirmiers et des sages-femmes. Contrairement aux personnels techniques de la santé, les infirmiers se sont désolidarisés de la grève des médecins dont le début d’exécution est prévu pour le 18 février 2009. La décision de lâcher les cadres supérieurs de la santé regroupés au sein du Syndicat national des cadres supérieurs de la santé (Synacass-CI), a été prise par le Syndicat national des infirmiers et infirmières de Côte d’Ivoire (Syni-CI) et le Mouvement des d’infirmiers diplômés d’Etat de Côte d’Ivoire (Mide-CI), à l’issue d’une assemblée générale le samedi 07 février dernier à l’Insp. Ces deux syndicats d’infirmiers se sont montrés catégoriques : « Nous, infirmiers, n’iront pas en grève avec les médecins et les techniciens », ont-ils martelé sous prétexte qu’ils préfèrent poursuivre les négociations avec les ministres en charges des dossiers de leurs revendications afin de leur trouver une issue heureuse avant le 31 mars 2009. Aussi, est-il recommandé à tous les infirmiers de rester à l’écoute de leurs syndicats pour toute action syndicale d’envergure. Justifiant le sens de leur décision, M. Boko Kouaho a rappelé que le gouvernement a fait un pas dans l’application des revendications. Pour preuve, a-t-il soutenu, le décret 2008 - 03 du 04 janvier 2009 des médecins et des personnels techniques de la santé (infirmiers - techniciens - aides soignants, filles et garçons de sale) octroyant des indemnités spécifiques aux uns et aux autres, qui devait rentrer en vigueur le 1er janvier 2009, a été appliqué de moitié, à la fin du même mois. Les médecins ont touché 65000 f au lieu de 125 000 f d’indemnités, les infirmiers, les sage-femmes et les techniciens ont touché respectivement 20 000 f sur 40 000 et 25 000 f sur 50 000 f promis. Le ministre Hubert Oulaï a dit que la deuxième moitié considérée comme une dette de l’Etat sera payée probablement au premier trimestre de 2010. « Alors quelle est donc l’opportunité d’une telle grève ? », s’est interrogé, M. Boko Kouaho.
Marcelle AKA

Cherté de la vie Le prix du riz augmente aujourd’hui

Le prix du riz augmente à partir de ce lundi. Ainsi en ont décidé les importateurs de riz en Côte d’Ivoire. Selon M. Touré Yacouba, président du Groupement des importateurs de riz de Côte d’Ivoire, que nous avons joint hier après-midi par téléphone, cette augmentation fait suite à une hausse du taux des tarifs douaniers sur les produits importés qui est passé de 2,5% à 12,5% et entrée en vigueur le 7 janvier dernier. Il a fait savoir que depuis cette date, environ 40 mille tonnes de riz sont bloqués au port d’Abidjan parce qu’ils espéraient que le riz serait épargné de cette mesure. « Nous avons tout essayé, mais nous n’avons pas pu débloquer la situation. Si nos stocks restent encore longtemps au port, le prix de revient du riz sera encore plus élevé étant donné que nous avons déjà expiré la franchise de sept jours », a-t-il expliqué. Pour cette qualité de riz appelée Denny Kassia , le kilogramme passe ainsi de 325 à 400 ou 450 francs, nous a-t-on appris. Le pays importe entre 700 et 800 milles tonnes de riz chaque année et qui constitue l’alimentation de base en Côte d’Ivoire. Pour les importateurs, cette décision d’augmenter s’impose à eux à cause, non seulement du renchérissement du coût du dollar dans les échanges internationaux, mais aussi de la hausse du taux de douanes. « Cette hausse risque d’être une menace pour la paix sociale parce que la grande majorité des populations ivoiriennes a le riz comme alimentation de base », a commenté M. Touré Yacouba. « Nous avons voulu toujours collaborer avec l’Etat, parce que sans paix sociale il n’y a pas d’activité », a-t-il ajouté.

Bertrand Gueu

VENU POUR UNE PASSE Un professeur trouve la mort dans un hôtel

Encore un autre mort dans un hôtel. Le phénomène commence à être régulier. Et c’est ce qui est très inquiétant. Un enseignant, répondant au nom de K. K. Ernest, vient de rallonger la liste de ces personnes qui décèdent de façon inattendue, dans des établissements hôteliers. Le drame s’est produit, le jeudi dernier 5 février, au quartier « B.C », dans la commune d’Abobo. A en croire les renseignements dont nous disposons, l’enseignant qui, faut-il le préciser, est professeur de lycée, n’attend pas la tombée de la nuit pour jouer les « cagoulés » et accéder discrètement à un hôtel. Contrairement donc à bien d’autres, qui ne veulent pas du tout que l’on remarque leur entrée à l’hôtel, l’enseignant, lui, se présente à 10h. C’est donc à lami-journée qu’il accède à l’hôtel dont nous taisons la dénomination. En tout cas, il n’y a pas d’heure conventionnelle pour aller faire ce qui doit être fait dans un hôtel. C’est certainement ce que se dit le professeur qui vraisemblablement, n’a que faire des « qu’en dira-t-on ». Il revient qu’il est habitué de cet hôtel. Et c’est chaque fois avec la même jeune fille, identifiée comme une élève, qu’il se retrouve dans cet hôtel. Nos sources notent que c’est seul qu’il se présente au réceptionniste. Ce dernier s’en étonne d’ailleurs. Mais rapidement, l’enseignant, un sourire au coin des lèvres, le rassure de ce que sa dulcinée ne va pas tarder à le rejoindre. La chambre N° 2 lui est donc attribuée. Et très vite, il disparaît dans cette pièce qu’il referme sur lui. Bien entendu, il ne la ferme pas à clé. Quelques instants seulement après, voilà l’habituelle chérie du professeur qui pointe le nez. Les instructions sur son arrivée étant déjà données par son amant, on lui indique donc la direction de la chambre N° 2. Rapidement, elle s’y déporte. Le reste, personne n’en est témoin. Une chose est certaine, à 11h, heure à laquelle le couple doit normalement libérer la chambre occupée, c’est la jeune fille que l’on voit sortir de la pièce et s’éloigner. On pense que le professeur va suivre. Que non. Une demi heure durant, il est encore dans la chambre. Il n’a quand même pas pourtant payé pour deux heures de temps. Le réceptionniste s’emploie alors à prendre langue avec lui, pour lui demander de s’en aller, au risque de se voir facturer ce temps d’occupation. Une fois à la porte, le réceptionniste frappe à celle-ci. En guise de réponse, ce sont des ronflements bizarres qui lui parviennent. Enfin, le réceptionniste pense que le professeur est endormi. Il faut donc le réveiller, pour lui faire admettre que le temps qui lui est imparti, est largement dépassé. Et comme la porte n’est pas fermée à clé, l’employé de l’hôtel l’ouvre facilement. Il découvre K. K. Ernest, étendu sur le lit, la bouche ouverte. Il semble éprouver du mal à respirer. Les prétendus ronflements, n’en sont donc pas. Le malheureux semble agoniser. Vite, l’employé de l’hôtel fait appel à un toubib officiant dans une petite clinique dans les environs de l’hôtel. Ce dernier, qui se déporte sur les lieux, constate que le cas du professeur est très préoccupant. Il faut immédiatement l’évacuer dans un centre hospitalier mieux équipé et adapté à de telles situations. Le médecin qui ressort de l’hôtel, va chercher une ambulance. A son retour hélas, K. K. Ernest, né le 14 août 1971 à Zahakro ( Toumodi) a déjà rendu l’âme. La police est saisie. Un constat est fait et des agents des pompes funèbres sont requis. Ce sont eux qui procèdent à l’enlèvement du corps, pour son transfert à la morgue. En attendant d’y voir un peu plus clair, toute idée de violence qui aurait entraîné la mort du professeur, est rejetée. Aucune trace de violence n’étant perceptible sur son corps. Qu’est ce qui peut donc être à la base de la mort de cet enseignant ? C’est la question. Les conclusions de l’enquête ouverte par la police, nous le diront certainement.
KIKIE Ahou Nazaire

AFFAIRE ‘’SECRETAIRE DE GBAGBO ESCROQUE 65 MILLIONS’’ Ce qui n’a pas été dit

Le jeudi 5 février 2009, le ministre de l’Intérieur Désiré Tagro a pris un arrêté expulsant du territoire national Mporé Aimable, le directeur général de la maison de téléphonie mobile Mtn-Côte d’Ivoire. Celui-ci est accusé d’avoir facilement débloqué la somme de 65 millions de Fcfa au profit de ‘’Emika Entreprises’’ ténue par Emilienne Bléhon Epouse Gomé Hilaire, secrétaire à la présidence de la République de Côte d’Ivoire. L’on reproche au DG de Mtn, d’avoir inscrit dans les livres de comptes de sa société, la mention ‘’Don au chef de l’Etat’’, alors que la demande formulée par l’épouse de Gomé Hilaire n’était pas cautionnée par le président de la République. ‘’Le ministre de l’Intérieur estime qu’une telle attitude et un tel comportement, outre la légèreté évidente qui les caractérise au regard des fonctions de Monsieur Mporé Aimable, visent, en réalité, à tenter de jeter le discrédit sur une institution de la République de Côte d’Ivoire en l’occurrence le Président de la République. C’est pourquoi il a pris ce jour, 5 février 2009, un arrêté portant expulsion du territoire national du nommé Mporé Aimable, en lui donnant un délai de 5 jours pour s’exécuter après en avoir informé au préalable la représentation diplomatique du pays dont il est national. Ladite décision lui a été notifiée ce soir (jeudi 5 février 2009, Ndlr)’’, mentionnait le communiqué du ministère de l’intérieur publié le 5 février. Suite à la décision prise par Désiré Tagro d’expulser le responsable de la société de téléphonie mobile en question, des langues se délient sur ce qui a provoqué l’éclatement de l’affaire. Une source digne de foi nous a indiqué que Mporé Aimable, après avoir autorisé le virement des 65 millions de Fcfa sur le compte de ‘’Emika Entreprises’’, a fait appel aux auditeurs de Mtn. Après avoir exposé les faits, ceux-ci lui ont demandé d’obtenir auprès de la présidence, un courrier retour de remerciement. Ensuite, les auditeurs ont suggéré au Patron de Mtn de demander l’autorisation à la présidence de la République, notamment du chef de l’Etat, en vue de faire paraître dans la presse, un communiqué informatif. Il s’agissait de porter à la connaissance des Ivoiriens que la société Mtn a fait un don de 65 millions à l’Etat pour lui permettre de soutenir en médicaments et en matériels médicaux, les populations victimes d’une intoxication alimentaire, il y a quelques mois à Ahougnanfoutou dans le département d’Abengourou.

Ce que recherchait Mporé Aimable

Pour les auditeurs, ce communiqué couvrirait et justifierait la mention ‘’Don au chef de l’Etat’’ inscrit dans les livres comptables de la société Mtn.

C’est donc pour mettre en œuvre toutes ces recommandations que Mporé Aimable, soutient notre source, a entrepris la démarche de rencontrer le Chef de l’Etat. Aussi introduit-il une demande d’audience avec le président de la République pour clarifier les choses et avoir l’autorisation de faire un communiqué de presse. Celle-ci parvient effectivement au chef de l’Etat qui, après s’être imprégné du motif, se serait mis en colère. Ayant senti une véritable arnaque, il ordonne immédiatement que soit virée la secrétaire fautive et que soit entendu le Dg de Mtn. Ainsi l’Epouse de Gomé Hilaire est non seulement débarquée de ses fonctions mais, elle est mise à la disposition de la justice. Quant à Mporé Aimable, il est convoqué le lendemain par le ministre de l’Intérieur qui l’entend avant de lui notifier, plus tard, son expulsion du territoire national. Mais avant la diffusion de la décision, des hommes en treillis ont fait une descente au siège de Mtn au Plateau. Au dire de notre interlocuteur, ils ont menacé de faire la peau au Dg qui était encore à son bureau. On lui aurait porté des menottes momentanément en présence du personnel avant de le laisser regagner son bureau. Notons que c’est en principe demain mardi 10 février que le responsable de Mtn devra quitter le territoire ivoirien, conformément à la sommation du ministère de l’intérieur. Une date qui coïncide avec le début du procès de Dame Emilienne Bléhon Epouse Gomé Hilaire. Une coïncidence surprenante dans la mesure où l’on aurait pu entendre à ce procès, à titre de témoin principal, le Directeur général de Mtn, avant de le laisser partir.

BAMBA Idrissa

Abdoulaye Traoré dit Ben Badi : “Je n’ai jamais été cleptomane”

Ben Badi a mis ses contemporains d’accord.Champion d’Afrique en 92, il a
livré un match d’anthologie contre leGhana en 94, en avant de s’éloigner
des stades.Sur lui, beaucoup de choses ont été dites. Après des données de
silence, il rompt l’omerta et dit tout.

Alors que vos compagnons de 1992 sont pour la plupart des encadreurs, vous semblez
avoir privilégié les affaires ?

Ce n’est pas totalement vrai. Le football m’a tout donné. Je ne peux rien
faire sans le foot. La preuve en est qu’aujourd’hui, je suis à la Fédération
ivoirienne de football depuis plus de 3 ans. A cet effet, je suis le chargé de
mission du Président de Jacques Anouma auprès des sélections des jeunes. A
savoir, les minimes, les cadets, les juniors et les espoirs. Nous avons constitué
une équipe de juniors avec Gouaméné Alain, Amani Yao, Bakari Koné.
Aujourd’hui, nous faisons tous partis de la sélection des jeunes. C’est nous
qui étions à Kigali au Rwanda. Malheureusement, ça c’est mal passé.. Mais, je
pense qu’il faut positiver surtout parce que nous avons une expérience à
apporter aux sélections de jeunes. Nous avons fait un faux pas, mais je crois que
nous avons beaucoup à donner au football ivoirien. Raison pour laquelle je souhaite
que nous soyons plutôt critiqué au plan technique. Quant à nous-mêmes,
nous essaierons de nous améliorer. Pour finir, je dirai que c’est à ce milieu
que je m’identifie et j’y suis fortement attaché.

Il est souvent difficile de parler de soi, mais pour la première fois Abdoulaye
Traoré peut-il nous révéler pourquoi il a supplanté tous ses amis ?

Au niveau de la Côte d’Ivoire, je me suis entouré de gens sérieux. J’ai eu
la chance de côtoyer des gens comme Gadji Céli Saint Joseph avec qui j’ai
gardé de bonnes relations. Pour moi, tout est une question de départ et je me suis
mis au travail dès le départ. Mon essor dans le football, était pour moi un souci
et une ambition à réaliser vaille que vaille. Au Stella, je dois mon talent à
ceux qui m’ont bien encadré. C’est ce qui a concouru à mon évolution à
l’Asec. Le fait que j’ai été un international provient de tout le sacrifice
que j’ai fait et de ceux qui m’ont formé. J’ai à mon actif plus de cent
sélections en l’équipe nationale. Cela semble passer inaperçu, mais j’ai
marqué plus de 85 buts. Je me suis beaucoup régalé en équipe nationale.
Vraiment, j’y ai passé un très beau moment. Et Dieu merci, cela s’est
concrétisé par la coupe de 1992 au Sénégal, où on avait un groupe
fantastique, fabuleux et très solidaire.

Avec ce talent que toute la nation ivoirienne, toute l’Afrique et le monde entier
a reconnu en vous, qu’est-ce qui explique cette chute dans votre carrière,
comparativement aux académiciens qui font leur preuve en ce moment ?

Tout est une question d’époque et de temps. Ils ont eu leur époque. Ils ont
plein d’argent. Franchement, je crois que j’ai fait une excellente carrière,
parce que je pense que je me suis donné à fond. J’aurai souhaité jouer dans les
grands clubs, être de plus en plus meilleur, faire une grande carrière.
Malheureusement, le milieu changeant beaucoup, la chance n’a pu être de mon
côté. J’ai mené une carrière au niveau de l’équipe nationale comme il le
fallait. Pour ce qui m’est arrivé, je me suis soumis à la volonté de Dieu. Tout
ce qu’Il fait est bon. Et nul ne doit l’oublier, Dieu a tracé à chacun une
trajectoire singulière. Nul ne demande à être malheureux, c’est lui qui trace
les sillons de notre avenir. Il a la science de ce que l’homme deviendra. Et
c’est le sort qu’il m’a réservé. Il faut positiver, mon talent est plus
qu’une fierté pour moi. A chacun son époque. Actuellement, il y a beaucoup
plus de sous dans ce milieu. Je suis fier, sans hypocrisie, de nos professionnels
qui évoluent dans les meilleurs clubs en Europe. Mais il faut que je le précise,
ils sont polis et courtois avec moi. Et j’en suis énormément satisfait.

Qu’entendez-vous par “la chance n’était peut être pas de mon côté” ?

Je vous évoque le facteur chance pour des raisons tirées de ce que j’ai connu
des gens qui étaient moins doués que moi mais qui ont eu des ouvertures que je
n’ai pu avoir. Je crois qu’il faut que je rende grâce à Dieu, parce que j’ai
terminé ma carrière sans décrépitude. Et je me réjouis du fait que lors des 50
ans de la CAF, j’ai été parmi les cinquante meilleurs joueurs des cinquante
dernières années. C’est une satisfaction personnelle. C’est dire aussi que
tout ce que j’ai fait n’est pas resté vain.

Il y a des mauvaises langues qui affirment que vous étiez paresseux, si bien que
vous auriez eu des démêlés avec Philippe Troussier. Et elles imputent votre
échec à cette situation. Qu’en dites-vous ?

Quand on accepte d’être un homme public, on s’expose aux critiques. On ne peut
pas faire le porte à porte pour se justifier. C’est pour cette raison que je me
suis mis au-dessus de beaucoup de choses et ai accepté beaucoup de choses. J’ai
fait ce que je pouvais. Et techniquement, je sortais quand même un peu du lot parce
que sans prétention, j’étais au point. Philippe Troussier a plutôt vu en moi
d’énormes potentialités que je n’arrivais pas à exprimer sur le terrain. A
chaque fois, il me demandait un peu plus. Il me faisait des remarques afin que je
puisse me surpasser et m’améliorer. Avec Troussier, ce n’était pas des
démêlés. C’est quelqu’un qui m’a fait beaucoup de bien. Ce sont les gens
qui en ont fait une histoire, un problème. Je n’ai donc pas à justifier quoi que
ce soit.

Les Ivoiriens ont tellement cherché à savoir la cause de votre chute que certains
se sont permis de dire que Ben Badi a croupi sous les malédictions de ses parents.
D’autres ont affirmé que Ben Badi était cleptomane. Ou est la vérité dans tout
ça ?

Excusez-moi si je rigole, parce qu’on ne peut rien contre ce que disent les gens.
Je suis dépassé. Ce sont des choses qui, pour ainsi dire, me surprennent. Je ne
suis pas maudit. Mon père est décédé, mais j’ai de très bonnes relations avec
ma mère et les parents de mon père. Je n’ai jamais été cleptomane. Ce ne sont
que des rumeurs. Et tout ce que j’ai aujourd’hui, je mérite de les avoir.
Je ne me reconnais pas en ce qu’ils disent. Je n’ai jamais volé. Un homme
public dès qu’il rentre dans un milieu, doit accepter toutes les critiques. Je ne
me reproche rien. J’ai la conscience tranquille et j’ai fait ma carrière comme
je le pouvais.

Votre transfert du Stella à l’Asec en son temps, a suscité des problèmes. Que
s’est-il passé ?

Je tenais à absolument jouer à l’Asec. La réticence des uns et des autres a
occasionné l’intervention du Ministère de tutelle. Et c’est le Ministre
Laurent Dona Fologo qui a tranché. Il a décidé que je fasse librement le choix de
mon club. Je voulais aller à l’Asec du fait de sa popularité et du fait qu’il
y avait des joueurs auxquels je voulais ressembler.

En 2001, Ben Badi semblait vouloir embrasser une carrière politique lorsqu’il a
été vu, pendant les préparatifs des élections municipales à Cocody, au devant
de la scène ?

Je n’ai jamais eu l’intention de faire de la politique. J’ai un ami du nom de
Hamed Bakayoko, aujourd’hui Ministre des NTIC, qui voulait se présenter aux
municipales à Cocody sous la bannière du RDR. Moi j’assume mes amitiés et mes
relations. Je voulais tout simplement lui apporter ma contribution par mon soutien.
En ce qui me concerne, je n’ai pas de coloration politique. Je ne suis ni RDR, ni
PDCI, ni FPI. Je voulais l’aider parce que pour moi l’amitié, c’est quelque
chose de sacré. Et si c’était à refaire, je n’hésiterai pas à le faire.
Je suis très fidèle en amitié.

Comment jugez-vous la forme des Eléphants en ce moment ?

Si je ne m’abuse, nous avons une équipe des Eléphants qui est la meilleure sur
le plan africain et mondial. Individuellement, on a des joueurs qui jouent dans de
grands clubs en Europe. C’est un avantage pour nous. Maintenant, peut-être que la
mayonnaise met du temps à prendre. Mais, je crois que cette équipe gagne en
maturité, surtout en solidarité. La performance de cette équipe sur le plan
international ne sera véritablement effective que si elle joue collectivement.

Si l’on vous demandait de recomposer l’attaque des Eléphants, quels sont ceux
que vous choisiriez ?

L’équipe de Côte d’Ivoire a de grands attaquants. Commençant par Didier
Drogba, Arouna Koné, Arouna Dindané, Baky Koné, Kader Keïta, Akalé Kanga, on a
plein de grands joueurs. Il y a les jeunes Kalou et Gervinho qui peuvent apporter un
plus à la sélection. Pour moi, à l’attaque l’idéal sera d’avoir Baky
associé à Didier Drogba, à droite Dindané et à gauche Akalé.

Est-ce que Ben Badi a une fois appelé Drogba pour le soutenir dans ses difficultés
? Doit-il rester à Chelsea ?

Quand il était à Marseille, j’étais en contact avec lui. Pendant ses premières
années à Chelsea, on s’appelait régulièrement. Mais après, je n’ai plus eu
de ses nouvelles. Sinon à part lui, je suis en contact avec Arouna Dindané,
Baky, Kolo Touré et Maestro. Ce sont des jeunes qui font l’effort de
s’enquérir de mes nouvelles et profiter de mes conseils. Quand ils sont à
Abidjan, ils m’appellent et me rendent visite. On échange très souvent. Mes
conseils leur permettent aussi de s’améliorer. Pour en revenir à Drogba Didier,
je dirai que c’est un joueur de haut niveau. Il peut donc faire ses preuves
partout.

Pensez-vous que Baky pourra avoir une bonne saison ?

Baky est un joueur qui, physiquement, ne sait pas tricher, qui sait se battre. Pour
moi, il pourra faire une très bonne saison.

Des Ivoiriens pensent que c’est Yéo Martial qui peut redonner une autre Coupe
d’Afrique à la Côte d’Ivoire ? Qu’en pensez-vous ?

Les gens sont certainement nostalgiques. Yéo Martial a effectivement du mérite,
mais je pense qu’en tant que directeur technique national, il est mieux de ne pas
le déplacer. Il faut le laisser où il est. Pour ce qui est de la Can, chacun peut
apporter ce qu’il peut. Elle ne dépend pas forcément de Yéo Martial.

Sénégal 1992, 17 ans après, quel souvenir cela vous inspire ?

D’abord, ma présence au sein de l’équipe A. Ensuite, l’acquisition de la Can
pour la Côte d’Ivoire. En plus de ce moment qui m’a vraiment marqué, il y a ma
première participation à la Can 86, où j’ai qualifié l’équipe nationale
pour les demi-finales. Je peux aussi citer l’échec de l’Asec en 1995 face à
Orlando Pirates et sa victoire face à l’Ashanti Kotoko de Koumassi au Ghana. Ces
moments parmi tant d’autres, restent pour moi un souvenir inoubliable. Pour en
venir au 17 ans, je pense que j’ai fait ce que j’avais à faire. J’ai pu
apporter toute la satisfaction au public. Aujourd’hui, le foot a accru ma
notoriété. J’ai une réputation transfrontalière. Je vais dans des hauts lieux.
En dehors de ce que je viens de rappeler comme beaux souvenirs, j’ai aussi connu
des moments de déception. Il s’agit des critiques dont nous faisons l’objet et
qui souvent ne sont pas justifiées.

Lors de la Can qui vient de prendre fin à Kigali, au Rwanda, les Eléphanteaux
juniors ont connu 3 défaites. A qui la faute ? Les encadreurs ou les joueurs ?

Quand ça marche, ce sont les joueurs qui sont talentueux, géniaux. Mais lorsque
ça ne marche pas, ce sont les entraîneurs qui sont incompétents. Cela devient de
plus en plus une symphonie inachevée qui est en train de prendre l’allure d’un
slogan.. Aujourd’hui, vous n’avez que des gloires à la tête de la sélection
des juniors. Vous avez Amani Yao César Lambert, Koné Bakari, Alain Gouaméné et
moi-même. Il ne faut pas seulement juger la personne des encadreurs il faut plutôt
porter des critiques sur le jeu et l’encadrement au sens propre du terme.
L’effectif que nous avions à Kigali, était le meilleur puisqu’il regroupait
les meilleurs juniors. Par ailleurs, il faut savoir qu’une sélection ne se fait
pas au hasard. Nous sommes tous interpellés et nous irons sur de nouvelles bases.
Nous retravaillerons pour que cette équipe soit aux Jeux Olympiques.

Est-il opportun d’organiser une Can des locaux ?

C’est une excellente idée. Et c’est quelque chose que j’encourage. Ce sera
une occasion pour valoriser des talents. J’en profite pour dire que ce sera un
pari réussi pour Jacques Anouma, qui est un homme qui sait se battre, qui sait
relever les défis.

Envisagez-vous devenir entraîneur de la sélection nationale ?

Cela fait bien partie de mes ambitions. Et je me battrai pour être à la tête de
cette sélection. Et je suis très optimiste. J’en profite pour remercier le
quotidien l’Intelligent d’Abidjan, son Directeur de publication, son Directeur
général et son rédacteur en chef pour cette interview. C’est une grande
première pour moi depuis longtemps que d’être approché par un organe de presse
pour en savoir plus sur ma vie. L’Intelligent d’Abidjan m’a permis de
m’exprimer après toutes ces années passées dans l’ombre. Encore une fois
merci.

Interview réalisée par KY

Abdoulaye Traoré dit Ben Badi : “Je n’ai jamais été cleptomane”

Ben Badi a mis ses contemporains d’accord.?Champion d’Afrique en 92, il a
livré un match d’anthologie contre le?Ghana en 94, en avant de s’éloigner
des stades.?Sur lui, beaucoup de choses ont été dites. Après des données de
silence, il rompt l’omerta et dit tout.

Alors que vos compagnons de 1992 sont pour la plupart des encadreurs, vous semblez
avoir privilégié les affaires ?

Ce n’est pas totalement vrai. Le football m’a tout donné. Je ne peux rien
faire sans le foot. La preuve en est qu’aujourd’hui, je suis à la Fédération
ivoirienne de football depuis plus de 3 ans. A cet effet, je suis le chargé de
mission du Président de Jacques Anouma auprès des sélections des jeunes. A
savoir, les minimes, les cadets, les juniors et les espoirs. Nous avons constitué
une équipe de juniors avec Gouaméné Alain, Amani Yao, Bakari Koné.
Aujourd’hui, nous faisons tous partis de la sélection des jeunes. C’est nous
qui étions à Kigali au Rwanda. Malheureusement, ça c’est mal passé.. Mais, je
pense qu’il faut positiver surtout parce que nous avons une expérience à
apporter aux sélections de jeunes. Nous avons fait un faux pas, mais je crois que
nous avons beaucoup à donner au football ivoirien. Raison pour laquelle je souhaite
que nous soyons plutôt critiqué au plan technique. Quant à nous-mêmes,
nous essaierons de nous améliorer. Pour finir, je dirai que c’est à ce milieu
que je m’identifie et j’y suis fortement attaché.

Il est souvent difficile de parler de soi, mais pour la première fois Abdoulaye
Traoré peut-il nous révéler pourquoi il a supplanté tous ses amis ?

Au niveau de la Côte d’Ivoire, je me suis entouré de gens sérieux. J’ai eu
la chance de côtoyer des gens comme Gadji Céli Saint Joseph avec qui j’ai
gardé de bonnes relations. Pour moi, tout est une question de départ et je me suis
mis au travail dès le départ. Mon essor dans le football, était pour moi un souci
et une ambition à réaliser vaille que vaille. Au Stella, je dois mon talent à
ceux qui m’ont bien encadré. C’est ce qui a concouru à mon évolution à
l’Asec. Le fait que j’ai été un international provient de tout le sacrifice
que j’ai fait et de ceux qui m’ont formé. J’ai à mon actif plus de cent
sélections en l’équipe nationale. Cela semble passer inaperçu, mais j’ai
marqué plus de 85 buts. Je me suis beaucoup régalé en équipe nationale.
Vraiment, j’y ai passé un très beau moment. Et Dieu merci, cela s’est
concrétisé par la coupe de 1992 au Sénégal, où on avait un groupe
fantastique, fabuleux et très solidaire.

Avec ce talent que toute la nation ivoirienne, toute l’Afrique et le monde entier
a reconnu en vous, qu’est-ce qui explique cette chute dans votre carrière,
comparativement aux académiciens qui font leur preuve en ce moment ?

Tout est une question d’époque et de temps. Ils ont eu leur époque. Ils ont
plein d’argent. Franchement, je crois que j’ai fait une excellente carrière,
parce que je pense que je me suis donné à fond. J’aurai souhaité jouer dans les
grands clubs, être de plus en plus meilleur, faire une grande carrière.
Malheureusement, le milieu changeant beaucoup, la chance n’a pu être de mon
côté. J’ai mené une carrière au niveau de l’équipe nationale comme il le
fallait. Pour ce qui m’est arrivé, je me suis soumis à la volonté de Dieu. Tout
ce qu’Il fait est bon. Et nul ne doit l’oublier, Dieu a tracé à chacun une
trajectoire singulière. Nul ne demande à être malheureux, c’est lui qui trace
les sillons de notre avenir. Il a la science de ce que l’homme deviendra. Et
c’est le sort qu’il m’a réservé. Il faut positiver, mon talent est plus
qu’une fierté pour moi. A chacun son époque. Actuellement, il y a beaucoup
plus de sous dans ce milieu. Je suis fier, sans hypocrisie, de nos professionnels
qui évoluent dans les meilleurs clubs en Europe. Mais il faut que je le précise,
ils sont polis et courtois avec moi. Et j’en suis énormément satisfait.

Qu’entendez-vous par “la chance n’était peut être pas de mon côté” ?

Je vous évoque le facteur chance pour des raisons tirées de ce que j’ai connu
des gens qui étaient moins doués que moi mais qui ont eu des ouvertures que je
n’ai pu avoir. Je crois qu’il faut que je rende grâce à Dieu, parce que j’ai
terminé ma carrière sans décrépitude. Et je me réjouis du fait que lors des 50
ans de la CAF, j’ai été parmi les cinquante meilleurs joueurs des cinquante
dernières années. C’est une satisfaction personnelle. C’est dire aussi que
tout ce que j’ai fait n’est pas resté vain.

Il y a des mauvaises langues qui affirment que vous étiez paresseux, si bien que
vous auriez eu des démêlés avec Philippe Troussier. Et elles imputent votre
échec à cette situation. Qu’en dites-vous ?

Quand on accepte d’être un homme public, on s’expose aux critiques. On ne peut
pas faire le porte à porte pour se justifier. C’est pour cette raison que je me
suis mis au-dessus de beaucoup de choses et ai accepté beaucoup de choses. J’ai
fait ce que je pouvais. Et techniquement, je sortais quand même un peu du lot parce
que sans prétention, j’étais au point. Philippe Troussier a plutôt vu en moi
d’énormes potentialités que je n’arrivais pas à exprimer sur le terrain. A
chaque fois, il me demandait un peu plus. Il me faisait des remarques afin que je
puisse me surpasser et m’améliorer. Avec Troussier, ce n’était pas des
démêlés. C’est quelqu’un qui m’a fait beaucoup de bien. Ce sont les gens
qui en ont fait une histoire, un problème. Je n’ai donc pas à justifier quoi que
ce soit.

Les Ivoiriens ont tellement cherché à savoir la cause de votre chute que certains
se sont permis de dire que Ben Badi a croupi sous les malédictions de ses parents.
D’autres ont affirmé que Ben Badi était cleptomane. Ou est la vérité dans tout
ça ?

Excusez-moi si je rigole, parce qu’on ne peut rien contre ce que disent les gens.
Je suis dépassé. Ce sont des choses qui, pour ainsi dire, me surprennent. Je ne
suis pas maudit. Mon père est décédé, mais j’ai de très bonnes relations avec
ma mère et les parents de mon père. Je n’ai jamais été cleptomane. Ce ne sont
que des rumeurs. Et tout ce que j’ai aujourd’hui, je mérite de les avoir.
Je ne me reconnais pas en ce qu’ils disent. Je n’ai jamais volé. Un homme
public dès qu’il rentre dans un milieu, doit accepter toutes les critiques. Je ne
me reproche rien. J’ai la conscience tranquille et j’ai fait ma carrière comme
je le pouvais.

Votre transfert du Stella à l’Asec en son temps, a suscité des problèmes. Que
s’est-il passé ?

Je tenais à absolument jouer à l’Asec. La réticence des uns et des autres a
occasionné l’intervention du Ministère de tutelle. Et c’est le Ministre
Laurent Dona Fologo qui a tranché. Il a décidé que je fasse librement le choix de
mon club. Je voulais aller à l’Asec du fait de sa popularité et du fait qu’il
y avait des joueurs auxquels je voulais ressembler.

En 2001, Ben Badi semblait vouloir embrasser une carrière politique lorsqu’il a
été vu, pendant les préparatifs des élections municipales à Cocody, au devant
de la scène ?

Je n’ai jamais eu l’intention de faire de la politique. J’ai un ami du nom de
Hamed Bakayoko, aujourd’hui Ministre des NTIC, qui voulait se présenter aux
municipales à Cocody sous la bannière du RDR. Moi j’assume mes amitiés et mes
relations. Je voulais tout simplement lui apporter ma contribution par mon soutien.
En ce qui me concerne, je n’ai pas de coloration politique. Je ne suis ni RDR, ni
PDCI, ni FPI. Je voulais l’aider parce que pour moi l’amitié, c’est quelque
chose de sacré. Et si c’était à refaire, je n’hésiterai pas à le faire.
Je suis très fidèle en amitié.

Comment jugez-vous la forme des Eléphants en ce moment ?

Si je ne m’abuse, nous avons une équipe des Eléphants qui est la meilleure sur
le plan africain et mondial. Individuellement, on a des joueurs qui jouent dans de
grands clubs en Europe. C’est un avantage pour nous. Maintenant, peut-être que la
mayonnaise met du temps à prendre. Mais, je crois que cette équipe gagne en
maturité, surtout en solidarité. La performance de cette équipe sur le plan
international ne sera véritablement effective que si elle joue collectivement.

Si l’on vous demandait de recomposer l’attaque des Eléphants, quels sont ceux
que vous choisiriez ?

L’équipe de Côte d’Ivoire a de grands attaquants. Commençant par Didier
Drogba, Arouna Koné, Arouna Dindané, Baky Koné, Kader Keïta, Akalé Kanga, on a
plein de grands joueurs. Il y a les jeunes Kalou et Gervinho qui peuvent apporter un
plus à la sélection. Pour moi, à l’attaque l’idéal sera d’avoir Baky
associé à Didier Drogba, à droite Dindané et à gauche Akalé.

Est-ce que Ben Badi a une fois appelé Drogba pour le soutenir dans ses difficultés
? Doit-il rester à Chelsea ?

Quand il était à Marseille, j’étais en contact avec lui. Pendant ses premières
années à Chelsea, on s’appelait régulièrement. Mais après, je n’ai plus eu
de ses nouvelles. Sinon à part lui, je suis en contact avec Arouna Dindané,
Baky, Kolo Touré et Maestro. Ce sont des jeunes qui font l’effort de
s’enquérir de mes nouvelles et profiter de mes conseils. Quand ils sont à
Abidjan, ils m’appellent et me rendent visite. On échange très souvent. Mes
conseils leur permettent aussi de s’améliorer. Pour en revenir à Drogba Didier,
je dirai que c’est un joueur de haut niveau. Il peut donc faire ses preuves
partout.

Pensez-vous que Baky pourra avoir une bonne saison ?

Baky est un joueur qui, physiquement, ne sait pas tricher, qui sait se battre. Pour
moi, il pourra faire une très bonne saison.

Des Ivoiriens pensent que c’est Yéo Martial qui peut redonner une autre Coupe
d’Afrique à la Côte d’Ivoire ? Qu’en pensez-vous ?

Les gens sont certainement nostalgiques. Yéo Martial a effectivement du mérite,
mais je pense qu’en tant que directeur technique national, il est mieux de ne pas
le déplacer. Il faut le laisser où il est. Pour ce qui est de la Can, chacun peut
apporter ce qu’il peut. Elle ne dépend pas forcément de Yéo Martial.

Sénégal 1992, 17 ans après, quel souvenir cela vous inspire ?

D’abord, ma présence au sein de l’équipe A. Ensuite, l’acquisition de la Can
pour la Côte d’Ivoire. En plus de ce moment qui m’a vraiment marqué, il y a ma
première participation à la Can 86, où j’ai qualifié l’équipe nationale
pour les demi-finales. Je peux aussi citer l’échec de l’Asec en 1995 face à
Orlando Pirates et sa victoire face à l’Ashanti Kotoko de Koumassi au Ghana. Ces
moments parmi tant d’autres, restent pour moi un souvenir inoubliable. Pour en
venir au 17 ans, je pense que j’ai fait ce que j’avais à faire. J’ai pu
apporter toute la satisfaction au public. Aujourd’hui, le foot a accru ma
notoriété. J’ai une réputation transfrontalière. Je vais dans des hauts lieux.
En dehors de ce que je viens de rappeler comme beaux souvenirs, j’ai aussi connu
des moments de déception. Il s’agit des critiques dont nous faisons l’objet et
qui souvent ne sont pas justifiées.

Lors de la Can qui vient de prendre fin à Kigali, au Rwanda, les Eléphanteaux
juniors ont connu 3 défaites. A qui la faute ? Les encadreurs ou les joueurs ?

Quand ça marche, ce sont les joueurs qui sont talentueux, géniaux. Mais lorsque
ça ne marche pas, ce sont les entraîneurs qui sont incompétents. Cela devient de
plus en plus une symphonie inachevée qui est en train de prendre l’allure d’un
slogan.. Aujourd’hui, vous n’avez que des gloires à la tête de la sélection
des juniors. Vous avez Amani Yao César Lambert, Koné Bakari, Alain Gouaméné et
moi-même. Il ne faut pas seulement juger la personne des encadreurs il faut plutôt
porter des critiques sur le jeu et l’encadrement au sens propre du terme.
L’effectif que nous avions à Kigali, était le meilleur puisqu’il regroupait
les meilleurs juniors. Par ailleurs, il faut savoir qu’une sélection ne se fait
pas au hasard. Nous sommes tous interpellés et nous irons sur de nouvelles bases.
Nous retravaillerons pour que cette équipe soit aux Jeux Olympiques.

Est-il opportun d’organiser une Can des locaux ?

C’est une excellente idée. Et c’est quelque chose que j’encourage. Ce sera
une occasion pour valoriser des talents. J’en profite pour dire que ce sera un
pari réussi pour Jacques Anouma, qui est un homme qui sait se battre, qui sait
relever les défis.

Envisagez-vous devenir entraîneur de la sélection nationale ?

Cela fait bien partie de mes ambitions. Et je me battrai pour être à la tête de
cette sélection. Et je suis très optimiste. J’en profite pour remercier le
quotidien l’Intelligent d’Abidjan, son Directeur de publication, son Directeur
général et son rédacteur en chef pour cette interview. C’est une grande
première pour moi depuis longtemps que d’être approché par un organe de presse
pour en savoir plus sur ma vie. L’Intelligent d’Abidjan m’a permis de
m’exprimer après toutes ces années passées dans l’ombre. Encore une fois
merci.

Interview réalisée par KY

Déscès d'Affo love: FREDDIE ASSOGBA “Ce sont les hommes qui ont tué Affo ”

La chanteuse Affo Love a tiré sa révérance dimanche. A la surprise générale. Son producteur et arrangeur attitré, Freddie Assogba, est sous le choc. Et accuse…

Freddy…c’est terrible ce qui arrive…

- Je vais vous montrer comment j’ai appris la nouvelle aujourd’hui (NDLR : dimanche matin). J’étais à l’église et généralement, à l’église, je ferme mes portables. Mais, je ne sais pas quel esprit qui m’a amemé à laisser tous mes téléphones ouverts. Donc à 11 heures… (Il cherche dans son portable)…58 mn, mon téléphone vibre et c’est son nom. Je n’ai pas décroché, je me suis dit que quand je vais sortir, je vais rappeler. Mais je me suis arrangé pour lui envoyé un sms. (Il nous montre le sms) : «Love, excuse-moi, je suis à l’église, je t’appelle après. Kiss». Donc j’envoie ce sms à 12 h 26. Mais juste après, un autre numéro que je ne connais pas m’appelle. Et de Cotonou en plus. Une fois encore, je n’ai pas décroché. Puis un troisième appel, cette fois, de quelqu’un que je connais et qui est à Cotonou. Je me suis dit qu’il pourrait y avoir quelque chose. Je suis donc sorti pour répondre. Quand je sors de l’église, je lance le numéro d’Affo. Mais au même moment, mon second portable sonne, un numéro d’Abidjan. La personne me dit que c’est la sœur de Affo qui tente de me joindre, il faut que décroche. Effectivement Tranquilline, la grande sœur d’Affo, est au bout du fil et me dit : «Freddy, ta petite est partie… Elle nous a fait ça, Affo est morte». C’est comme ça que j’ai appris la nouvelle du décès d’Affo Love.

On la savait malade depuis 3 à 4 mois, de quoi est-elle morte finalement ?

- Ça fait 4 mois pratiquement qu’elle est malade… Mais on ne sait pas encore et c’est ça qui me fait le plus mal.

• C’est ici que ç’a commencé ?

- Non, là-bas au Bénin. Elle est allée jouer là-bas et c’est là qu’elle a ressenti les premières douleurs. Elle disait que c’était la fatigue, et puis après, on parlait de maux de reins… Cependant, les analyses ne révélaient rien de concret. Il y a eu un moment, elle a recouvré la santé surtout en Décembre dernier, on s’appelait régulièrement. Elle voulait revenir sur Abidjan et je lui demandais de patienter et de bien se reposer.

Mais elle pouvait te cacher son mal…

- Non, Love ne me cachait rien. Une fois au téléphone, je lui ai dit qu’on t’a annoncée pour morte à Abidjan ici, donc mets- moi en confiance… Elle m’a répondu qu’elle ne me cache rien, qu’elle se sentait très bien. Elle me rassurait sur son état de santé chaque fois qu’on en parlait. Mieux encore, elle m’a dit de voir des textes pour son prochain album parce qu’elle voulait remercier Dieu qui l’a guérie. Pour être sincère, je suis perdu, je n’en reviens pas. Certainement, c’est le jour où je vais voir le corps que je vais me rendre à l’évidence. Pour moi, elle est là. Mais je crois qu’on a intérêt à prier pour que Dieu nous garde parce que notre milieu est attaqué par des gens diaboliques qui sont en train de finir nos chanteuses. J’espère que Dieu va nous sauver…

Aujourd’hui (NDLR : dimanche) mon pasteur a prêché sur un fait qui n’est pas anodin. Il y a des hommes qui ont en eux des esprits démoniaques qu’ils transmettent aux chanteuses, ils envoûtent ces filles. Il faut que nos jeunes chanteuses fassent très attention aux hommes avec qui elles partagent leur intimité. Il y a quelque chose qui se passe et qu’on ne comprend pas encore. Mais je crois que Dieu va faire qu’un jour on découvrira ça.

Selon toi, il existe des personnes qui jetteraient des sorts aux chanteuses ?

- Tout porte à le croire avec ce qui se passe et à la suite de la prédication de mon pasteur, je pense qu’on n’est pas loin de la vérité. C’est qu’il y a certaines personnes qui ont des mauvais esprits et une fois que tu couches avec ce type de personne, elle te transmet son esprit négatif et te prend ta grâce.

Quel genre de jeune femme elle était?

- Côté professionnel, je crois que c’était une fille bien, qui aimait son travail. Elle se donne à fond dans ce qu’elle fait. Quand elle ne connaît pas ou ne comprend pas quelque chose, elle est prête à tout faire pour comprendre. Elle pose beaucoup de questions pour comprendre ce qu’elle doit faire et pourquoi elle doit le faire. Affo avait du caractère. Je ne connais pas sa vie sentimentale. Mais, je sais qu’elle n’avait pas d’enfant, qu’elle avait un fiancé français qui est d’ailleurs rentré en Europe.

Par Eric Cossa et Claude kipré

l'histoire d'amour entre Joelle c et Anliou Diomandé la version qui change tout

oëlle, la fille au grand cœur. Elle a vécu pour l’amour, l’amour grand avec A. Elle en donnait à tour de bras. Elle en donnait tellement qu’elle espérait qu’elle trouverait un jour quelqu’un qui lui en offrirait un bon bouquet en retour. Sa liaison avec Diomandé Anliou (son manager) semblait porteuse de cet espoir. Mais très vite, la belle Joëlle a déchanté. Une belle histoire d’amour qui s’est terminée en queue de poisson. Seulement, voilà : près d’un an seulement après la disparition de la chanteuse, une nouvelle version de cette histoire révèle que son manager ne l’aurait pas trompée avec sa danseuse, comme cela avait été dit. Décryptage.

07/02/2009 (10h00)

Accusé pendant longtemps d’avoir brisé le cœur de Joëlle C. en couchant avec la danseuse de cette dernière, Anliou n’a jamais voulu se prononcer sur cette affaire. Toutes nos tentatives pour l’amener à dire sa part de vérité sont restées vaines.

Mais dans les coulisses, les langues se délient…

L’histoire d’amour entre la chanteuse et Diomandé Anliou a été certainement l’une des plus médiatisées du show-biz ivoirien. Lorsque le jeune manager, venu de Bouaké avec le groupe Génération Positive, débarque à Abidjan au début des années 2000, il est loin de se douter que le destin le liera à l’une des meilleures voix de la musique ivoirienne.

Mais au hasard d’une rencontre, Joëlle et Anliou finissent par ne plus se quitter. La Côte d’Ivoire entière découvre le fiancé de sa chanteuse attié préférée. Les deux tourtereaux ne font plus un pas l’un sans l’autre. On aperçoit même Joëlle à des heures tardives dans certains endroits chauds de la capitale, aux côtés de son homme.

Et la presse trouve dans cette histoire son sujet favori…

Mais, très vite, une première zone d’ombre apparaît : Anliou a une femme dans sa vie qui se prénomme Fatou. Une femme avec qui il a eu un enfant. Mais avec Joëlle, Anliou vit une histoire tellement forte qu’il délaisse un peu la mère de son enfant. Celle-ci se confie alors à certains magazines people en disant : «Joëlle C a volé mon mari».

En découvrant ces articles, la chanteuse prend un coup. Même si elle savait Anliou occupé, elle espérait conquérir définitivement son cœur.

Un jour, au cours d’un entretien avec un journaliste, à la rédaction de Top Visages, elle fond en larmes et se confie. Soulagée après l’entretien, elle fait une doléance : «Oubliez ce qui vient de se passer. J’avais besoin de parler, je me sens mieux.» Respectant sa volonté, les confidences de la chanteuse ne seront jamais diffusées dans le magazine Top Visages.

Mais ce jour-là, tout, chez Joëlle, démontrait qu’elle aimait son Anliou. D’ailleurs, en 2002, elle n’hésitera pas à le présenter à sa communauté de prière, l’Eglise MEG-VIE de Guy Vincent Kodja. Ensuite, Anliou donnera sa dot et le couple officiellement présenté devant Dieu.

Mais entre-temps, Anliou avait enceinté à nouveau sa compagne de galère, Fatou, qu’il connaît depuis Bouaké. Un autre choc pour la chanteuse qui n’arrive pas à comprendre comment il peut être avec elle et enceinter la mère de son premier enfant.

Le doute commence alors à s’installer dans la tête de Joëlle. Le couple connaît de petites brouilles…mais essaie de tenir le coup, jusqu’à leur départ pour la France en 2004.

Selon certaines confidences faites à des proches, Anliou rêvait d’une vie en Europe. Il irait en France avec Joëlle dans le cadre du boulot, mais ne reviendra sûrement pas avec elle.

Ce projet, il l’avait mûri depuis un moment déjà et en parlait à des proches et amis du milieu. Joëlle C elle-même avait eu vent de l’information, mais avait fait la sourde oreille. Peut-être par amour ?

Ce qui est certain, c’est que, une fois en France, chacun des deux tourtereaux avait sa petite idée derrière la tête et a commencé à faire…des caprices. Joëlle sortait souvent sans Anliou. Avec des potes (?) dans le froid de Bengué. Sans doute dépitée après tout ce que son ami lui avait fait, elle voulait peut-être passer sa colère en l’ignorant ? Il semblerait qu’elle avait rencontré quelqu’un. Pendant ce temps, de son côté, Anliou avait commencé à se tisser son réseau d’amis.

Mais, en réalité, même si Joëlle voulait se venger, elle aimait toujours son manager et ne supportait pas qu’il l’ait trompée. En pleine dépression, et en colère contre lui, et sans doute mal informée sur les vraies relations entre Anliou et la danseuse, la chanteuse s’est alors fendue d’une déclaration dans la presse : «Mon manager couche avec une de mes danseuses». L’information fait des étincelles. Tout le monde en parle.

Mais aujourd’hui, les amis très proches du couple Joëlle-Anliou, sont formels : c’est vrai que le manager était assez proche de Noëlle, la danseuse de Joelle C, mais cela n’avait rien à voir avec une quelconque histoire d’amour. Noëlle était juste sa confidente. «Cette affaire était un montage total», dit un proche du couple vivant en France. «A la vérité, le couple traversait des moments difficiles. Et il faut dire les choses comme elles sont. La chanteuse avait découché une nuit et lorsque Anliou s’était plaint, il lui avait été demandé simplement de quitter le domicile où il vivait avec Joëlle. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé chez la fameuse Noëlle qui a accepté de l’héberger quelque temps. A cette époque, Anliou était un sans papier et Noëlle a secouru, avant tout, un frère qui ne savait où aller».

Ensuite, plusieurs tentatives de réconciliations ont été entamées par des proches. Sans succès. Mais, quand on a aimé une personne, c’est difficile de la remplacer comme ça, un matin. Et Joëlle n’a pas supporté les blessures provoquées par les infidélités de son ami. Au finish, c’est toute seule que Joëlle C., dépitée, est rentrée à Abidjan, laissant Anliou se chercher sur les bords de la Seine. Joëlle a donné sa version des faits dans la presse, mais Anliou, jamais. Il refuse même d’aborder ce sujet. Parce que la chanteuse n’est plus. Il le dira un jour, peut-être.